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Marché : Ce robot-trader qui a battu le marché lors du Brexit

Les performances du fonds Simplex pourraient changer la face du monde de la gestion.Les performances du fonds Simplex pourraient changer la face du monde de la gestion.

(Tradingsat.com) - Parfait exemple du match permanent entre l’homme et la machine sur le marché : un fonds japonais a pu expérimenter, le jour du Brexit, l’acuité de ses machines de trading… qui ont battu à plate couture l’ensemble des acteurs humains des marchés financiers.

Curieux destin que celui de Yoshinori Nomura. Comme plusieurs acteurs de renom ces derniers temps, le gérant du fonds spéculatif japonais Simplex, avait décidé d’expérimenter un ordinateur de trading de dernière génération, doté d’une véritable intelligence artificielle.

Un véritable « ordinateur qui pense », une bête qui apprend à apprendre, qui établit elle-même ses propres stratégies et ses ordres de marché, en fonction d’une multitude de données, de l’environnement et de paramètres strictement techniques.

Une machine totalement autonome

La seule différence est que, contrairement à ses propres concurrents, Yoshinori Nomura a décidé de n’intervenir à aucun moment du processus, et de n’établir aucun garde-fous, à tel point qu’il s’est interdit par exemple de l’arrêter s’il jamais il jugeait que sa machine se trompe…

Une prise de risque très marquée alors que le marché japonais connaît des mouvements et une volatilité bien plus violents que sur la plupart des autres bourses, notamment l’Europe et Wall Street. Donc d’autant plus de chances de perdre très gros en cas d’erreur.

Stratégie à contre-courant

Et le test grandeur nature de ces théories intervient le 24 juin dernier. Aux premières heures du jour à Tokyo, au début du dépouillement du référendum britannique sur le Brexit, le sentiment général des marchés depuis une semaine se confirme : on va bien vers un maintien de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne.

Yoshinori Nomura se prend la tête dans les mains en constatant que son robot a pris une position exactement inverse : il a joué le Brexit, et sur un volume d’ordres très conséquent. Son niveau de pertes est épouvantable à ce moment-là, et le gérant se dit qu’il est bien parti pour une journée catastrophique. Même si les fonds gérés sont relativement modestes à 35 millions de dollars, le choc s’annonce violent.

Un robot qui gagne quand tout le monde perd!

Et l’impensable se produit. Dépouillement après dépouillement, le scénario s’inverse totalement, et la Grande-Bretagne opte pour le Brexit. L’ensemble des marchés bascule en forte baisse, partout en Asie, puis à l’ouverture en Europe. En resultera la pire journée de toute l’histoire boursière partout dans le monde, avec pour commencer une très forte baisse de l’indice Nikkei en clôture, -6,4%.

Et Yoshinori Nomura peut se féliciter d’avoir laissé ses machines décider toutes seules. Leur bilan pour une telle journée est impressionnant, un gain de 3,4% ! Sa meilleure performance depuis des mois, alors que l’ensemble des fonds d’arbitrage « humains » et les autres fonds automatisés, mais avec intervention humaine, ont essuyé des pertes abyssales.

Données uniquement techniques

« La machine avait raison, en définitive » sourit modestement son metteur au point, précisant qu’elle ne fait que décortiquer des millions de données, les inflexions de tendance et les indicateurs techniques de marché. Le tout avec une stratégie simple jouée 2 fois par jour : au vu des éléments en présence, faut-il acheter ou vendre, et à quel niveau ?

Très peu de fonds spéculatifs emploient la technique de l’intelligence artificielle autonome, tous l’expérimentent pas à pas, sur des montants de gestion très modérés. Hormis le japonais Simplex, plusieurs ont mis au point des machines similaires, totalement libres de mener la stratégie qu’elles « veulent », comme Renaissance Capital ou Bridgewater.

L’humain reste faillible

Mais finalement, de la peur initiale que peut susciter l’existence de machines totalement autonomes qui gèrent des masses d’argent sans intervention humaine, et sans aucune subjectivité précisément, surgit une crainte bien plus forte. Car l’erreur, dans le cas du Brexit, est venue de l’homme. Et elle a été massive et fatale.

Les pertes considérables du Vendredi Noir du Brexit sont avant tout issues de l’aveuglement général des investisseurs « humains », et de prises de décision totalement irrationnelles, basées sur un scénario très incertain à 50/50, qui ont fait partir en fumée des milliers de milliards de capitalisation boursière. Jamais des machines n’auraient pu prendre un tel biais, si on les avait laissées libres de décider.

Débat quasi-philosophique

Comme pour l’automobile autonome, va clairement désormais de poser la question de savoir si tout compte fait, laisser les machines progressivement prendre le contrôle réduirait les risques de marché en définitive.

Et le résultat de cette réflexion quasi-philosophique se lira sur les performances des Hedge Funds à l’avenir, à mesure qu’ils adopteront cette technologie, qui commence à montrer que décidément les machines commencent à raisonner avec plus d’acuité que leurs créateurs…

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