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Marché : Briser la zone euro, plus facile à dire qu'à faire

Briser la zone euro, plus facile à dire qu'à faireBriser la zone euro, plus facile à dire qu'à faire

par Jeremy Gaunt

LONDRES (Reuters) - Niée, puis évoquée à demi-mot, l'hypothèse d'une sortie, volontaire ou non de la zone euro se heurte à des obstacles de taille tant sur le plan économique que juridique.

Si les dirigeants européens ont longtemps assuré que jamais la zone euro ne se séparerait d'un de ces membres, cette unanimité s'est lézardée lorsque le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a déclaré que le maintien de la Grèce ne se ferait pas à n'importe quel prix.

"Clairement, il y aura deux vitesses européennes : une vitesse vers davantage d'intégration dans la zone euro et une vitesse plus confédérale dans l'Union européenne", a déclaré la semaine dernière le président français Nicolas Sarkozy.

Quelle que soit la forme que prendrait une reconfiguration de la zone euro, personne ou presque n'est prêt à parier qu'elle se réalisera sans porter atteinte à la confiance de l'opinion publique et sans provoquer une fuite des capitaux vers des actifs jugés plus sûrs.

"Je ne pense pas qu'il existe de solution paisible à leur problème", a jugé Andrew Clare, qui enseigne à la Cass Business School, à Londres. "Le véritable problème, c'est le risque que les comptes en banque se vident."

Or, avec l'exposition qui est celle des banques européennes aux destins de la Grèce ou de l'Italie, une perte de confiance se propagerait facilement à l'intérieur et à l'extérieur de l'Europe. Cette perspective complique tout projet d'Europe à plusieurs vitesses.

TABOU

Un autre obstacle réside dans l'absence de procédure permettant à un Etat de sortir de la zone euro.

"C'était une question tabou d'y penser. Depuis le début, l'idée était que l'union monétaire était éternelle", a rappelé un haut responsable européen impliqué dans la création de l'euro.

Depuis la création de l'euro, les choses ont peu changé. Dans un document de travail réalisé en 2009, la Banque centrale européenne s'est intéressée aux implications juridiques de la sortie ou de l'expulsion d'un membre mais elle ne donne aucune piste sur les modalités.

C'est l'une des raisons pour lesquelles l'hypothèse d'un éclatement est perçue comme un risque marginal, qu'on ne peut certes pas tout à fait exclure, mais dont les chances de réalisation sont minces.

Alors que les dirigeants européens remuent ciel et terre pour trouver la formule magique, l'opinion dominante chez les analystes et les économistes est qu'ils finiront par surmonter leurs désaccords et feront le nécessaire pour que l'euro soit sauvé, même si cela ne se fera sans doute qu'au prix d'une implication plus forte de la Banque centrale européenne.

Mardi, la banque suisse UBS a ainsi déclaré que lorsque qu'elle sera acculée, l'Allemagne finira pas céder et acceptera que la BCE se libère de son carcan et intervienne avec résolution

"La modification la plus probable est celle de la BCE et nous pensons tous qu'en fin de compte les Allemands capituleront et permettront à la BCE de faire tourner la planche à billets", a dit George Magnus, conseiller économique en chef d'UBS.

Nicolas Delame pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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