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Marché : Bnp plombe son 3e trimestre en se délestant de titres de dette

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par Matthieu Protard et Lionel Laurent

PARIS (Reuters) - BNP Paribas, dont le bénéfice net a chuté de près de 72% au troisième trimestre, a annoncé jeudi avoir cédé depuis fin juin pour plus de 10 milliards d'euros de titres de dette souveraine de la zone euro, surtout italienne, et enregistré dans ses comptes une décote de 60%, plus élevée qu'anticipé, sur la dette grecque.

Alors que le scénario d'une sortie de la Grèce de la zone euro gagne du terrain depuis la décision du Premier ministre grec George Papandréou d'organiser un référendum, Baudouin Prot, le directeur général de la banque française, estime qu'un défaut de la Grèce serait néanmoins gérable pour le groupe.

"Un défaut (de la Grèce, NDLR) serait gérable. Désagréable mais gérable", explique Baudouin Prot dans une interview à Reuters Insider, tout en espérant que la Grèce finisse par appliquer l'accord européen du 27 octobre.

La deuxième banque de la zone euro par la capitalisation boursière, après l'espagnole Santander, a passé dans ses comptes une nouvelle provision de 2,2 milliards d'euros sur ses titres grecs, qui vient s'ajouter aux 534 millions du deuxième trimestre.

Elle a aussi réduit de 20,7% sur les quatre derniers mois son exposition à la dette publique des Etats de la zone euro, en vendant notamment pour 8,3 milliards d'euros de dette italienne et 2,2 milliards de titres espagnols, réduisant ainsi son exposition à deux pays menacés par une possible contagion de la crise.

"Nous avons voulu nettoyer le risque grec de façon importante en portant notre provisionnement à 60% sur la totalité de notre exposition à la Grèce", a expliqué Baudouin Prot sur la radio BFM Business.

"C'est la dernière fois que nous participons à un exercice volontaire vis-à-vis de la Grèce", a-t-il prévenu. "Il y a un temps pour tout."

A la Bourse de Paris, l'action BNP Paribas, qui a ouvert en baisse de 5%, est repartie à la hausse. A 11h38, le titre gagnait 4,97% à 31,175 euros, au même moment l'indice bancaire européen gagnait 1,05%.

Depuis le début de l'année, le titre BNP perd encore près de 35%.

"ECOLE BUISSONNIÈRE"

"Les résultats (de BNP, NDLR) ont été pollués par de nombreux éléments exceptionnels", commentent les analystes de Natixis dans leur note de recherche. "Retraitée des éléments exceptionnels, la performance de l'activité reste très satisfaisante."

"BNP conserve une exposition considérable aux prêts aux pays périphériques", relèvent néanmoins les analystes d'Espirito Santo Investment Bank.

Le résultat net trimestriel de BNP Paribas ressort donc à 541 millions d'euros, là où le consensus établi par la rédaction de Reuters tablait sur une baisse de 48% seulement, à 992 millions; les analystes avaient prévu une décote de l'ordre de 50% sur la Grèce, conformément à l'accord européen de jeudi dernier.

Compte tenu de la chute des marchés financiers pendant l'été, le groupe a vu les revenus de sa banque de financement et d'investissement (BFI) reculer de près de 40% sur le troisième trimestre.

Des établissements comme le britannique Barclays, le suisse UBS et l'allemand Deutsche Bank, ont déjà tous enregistré des baisses prononcées de leurs revenus et de leurs bénéfices dans ce secteur.

BNP a indiqué qu'elle n'entendait pas aller au-delà dans la réduction de son exposition aux dettes souveraines.

"Nous allons en rester là où nous sommes", explique Baudouin Prot qui cédera son poste de directeur général à Jean-Laurent Bonnafé en décembre pour prendre la présidence de BNP. "L'Europe ne peut pas se permettre de faire l'école buissonnière."

"QUI VA ACHETER LA DETTE ITALIENNE ?"

"L'Italie a une richesse, une épargne, une industrie, une économie qui rendent la dette de l'Italie parfaitement soutenable si l'Italie est bien gérée", souligne le DG de BNP Paribas, assurant que les titres italiens avaient été vendus sur les marchés et pas à la Banque centrale européenne (BCE).

"Si une banque comme BNP n'achète plus de dette italienne, qui, sur la terre, va acheter de la dette italienne à part la BCE et des banques italiennes", s'interroge un analyste basé à Londres qui n'a pas souhaité être nommé. "C'est très bien pour BNP, mais cela pose des questions d'ordre systémique."

Dans le cadre de la recapitalisation du système bancaire européen, la banque a réaffirmé être en mesure d'atteindre un ratio de fonds propres de 9% à fin juin 2012, sans appel au marché. Elle vise même un ratio de 9,1% à cette date.

"Ce ne sera pas le cas, mais si on ne dégageait aucun résultat, on serait tout de même à 9,1%", a insisté Baudouin Prot.

La banque, qui a engagé en septembre un plan de réduction de son bilan, a aussi fait savoir qu'elle envisageait de réduire ses effectifs. Des annonces en ce sens sont prévues pour la mi-novembre.

La direction précise que les suppressions de postes se chiffreront en "centaines" de postes mais pas en "milliers".

Edité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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