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Marché : Berlin relance l'idée d'une restructuration de la dette grecque

Berlin relance l'idée d'une restructuration de la dette grecqueBerlin relance l'idée d'une restructuration de la dette grecque

par Noah Barkin et Annika Breidthardt

BERLIN (Reuters) - L'Allemagne a relancé cette semaine l'idée d'une restructuration de la dette grecque et demandé à ses partenaires européens de faire en sorte que les créanciers privés contribuent notablement à un nouveau plan de renflouement.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble exprime ce point de vue dans une lettre datée du 6 juin et adressée à ses homologues de la zone euro ainsi qu'aux dirigeants de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international.

Wolfgang Schäuble exhorte notamment à dépasser la stratégie dite de l'"Initiative de Vienne", mise au point par les pouvoirs publics de la zone euro et prévoyant l'implication du secteur privé.

Il demande ainsi une contribution "quantifiée et substantielle" de la part des investisseurs ayant acquis de la dette grecque.

"Ce résultat peut être atteint par un échange de titres, qui permettrait de reporter de sept ans l'échéance des obligations souveraines grecques en circulation, tout en donnant à la Grèce le temps nécessaire pour appliquer les réformes nécessaires et regagner la confiance des marchés", peut-on lire dans ce document, dont Reuters a obtenu une copie.

Même s'il avait lieu sur la base du volontariat, un tel échange équivaudrait à une restructuration de la dette grecque détenue par des investisseurs privés et les agences de notation ont prévenu qu'elles considéreraient cette manoeuvre comme un défaut.

RISQUE DE CONTAGION ?

La BCE, qui s'opposait depuis des mois à une restructuration, s'est ralliée cette semaine à l'idée d'une prolongation des échéances ("rollover") sur la base du volontariat des détenteurs de dette grecque.

On ignore toutefois encore si la banque centrale accepterait la solution prônée par Wolfgang Schäuble, qui se trouve à la limite du "haircut", selon le terme employé pour désigner une décote forcée sur le principal des créances obligataires.

La lettre du ministre allemand a été envoyée deux semaines avant le sommet européen des 23 et 24 juin, lors duquel le nouveau plan de sauvetage accordé à Athènes devrait être formellement approuvé.

L'aide de 110 milliards d'euros allouée l'an dernier n'a pas suffit à restaurer la confiance des marchés envers l'état des finances grecques. Le nouveau plan, qui pourrait atteindre entre 80 et 110 milliards d'euros, doit couvrir les besoins financiers grecs jusqu'en 2014.

L'opportunité d'inclure dans cet effort les fonds d'investissement, banques et autres créanciers privés fait débat depuis des semaines, les détracteurs de l'idée mettant en avant le risque de contagion aux autres pays européens.

L'Allemagne est le plus ardent partisan d'une plus grande implication du secteur privé, notamment en raison de la réticence des contribuables et parlementaires d'outre-Rhin à faire reposer les plans de sauvetage sur les seuls deniers publics.

La dette grecque atteint presque 340 milliards d'euros, soit environ 150% de son produit intérieur brut.

L'échange de titres proposé par Wolfgang Schäuble n'allègerait pas ce fardeau et pourrait même l'alourdir dans le cas où des mesures incitatives - comme des coupons plus élevés - seraient proposées aux créanciers.

Cette solution aurait toutefois le mérite de laisser à Athènes plus de temps pour renouer avec la croissance et conclure son plan de réformes économiques.

Gregory Schwartz pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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