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Marché : Berlin avertit la grèce où les consultations se poursuivent

Berlin avertit la grèce où les consultations se poursuiventBerlin avertit la grèce où les consultations se poursuivent

par George Georgiopoulos et Karolina Tagaris

ATHENES (Reuters) - De nouvelles élections législatives paraissent probables en Grèce, où le leader de la deuxième formation du pays, Alexis Tsipras, devait entamer mercredi des consultations en vue de former un gouvernement, mission a priori vouée à l'échec.

Le chef de file des conservateurs de Nouvelle Démocratie, Antonis Samaras, a dit espérer qu'Alexis Tsipras, dont la coalition de gauche radicale Syriza est hostile aux mesures d'austérité dictées par l'Union européenne, "retrouve le sens commun" avant d'engager les tractations, en fin d'après-midi.

Le chef de file de Syriza, propulsée dimanche au rang de deuxième force politique du pays, a exclu de se plier aux plans européens de sauvetage. Il pose comme condition la rupture des engagements pris avec les partenaires d'Athènes.

Il a trois jours pour mener ses consultations, dans la foulée d'Antonis Samaras qui a capitulé au bout de quelques heures. Alexis Tsipras devait rencontrer mercredi soir à la fois Evangelos Venizelos, le leader du Pasok (socialiste), et Antonis Samaras, mais il est fort peu probable qu'il trouve un terrain d'entente avec les socialistes et ND, qui défendent le plan de sauvetage de la Grèce et les mesures d'austérité.

"Les Grecs n'ont pas voté pour l'effondrement de leur pays ou sa sortie de la zone euro. C'est tout le contraire", a estimé Antonis Samaras, selon lequel les prises de position d'Alexis Tsipras laissent penser qu'il exclut toute alliance avec la ND.

L'Allemagne a solennellement mis en garde la Grèce mercredi, par la voix de son ministre des Affaires étrangères. Selon Guido Westerwelle, la Grèce ne recevra plus aucune tranche d'aide financière si elle vient à interrompre sa politique de réformes.

"L'Allemagne aimerait que la Grèce demeure dans la zone euro mais le fait de savoir si elle y restera ou non n'est pas de notre ressort", a-t-il dit également, lors d'un déplacement à Bruxelles.

QUADRATURE DU CERCLE

Si la Grèce ne reçoit plus d'aide financière dans le cadre du plan de l'Union européenne et du FMI d'un montant total de 130 milliards d'euros, elle se retrouvera vite en état de faillite, ne pouvant plus assumer ses obligations.

Ingénieur de 37 ans, Alexis Tsipras refuse de changer de position et estime que les consultations n'auront de sens que si Antonis Samaras et Evangelos Venizelos acceptent de revenir sur les "mesures d'austérité barbares" en vigueur.

Dans un discours devant les syndicats et les représentants du patronat, le leader de Syriza a ajouté : "Si l'euro et la zone euro sont menacés, ce sera en premier lieu à cause des mesures d'austérité qui ont d'ores et déjà été appliquées à notre pays, lequel a servi de cobaye".

Alexis Tsipras, qui a dit souhaiter rencontrer François Hollande, devait envoyer mercredi une lettre au président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, pour leur signifier qu'Athènes ne se sentait plus lié par le plan d'aide UE-FMI.

"Il va écrire que l'engagement de Samaras et Venizelos (au plan d'aide) représente seulement 32% des votants et que les Grecs ne sont donc plus liés à ce plan", a dit à Reuters Nikos Papas, responsable du bureau politique du parti.

Selon les analystes, la victoire électorale en France de François Hollande, chantre d'une politique de croissance, a encouragé les Grecs à voter contre l'austérité imposée par l'Europe.

Si Tsipras échoue dans ses tractations, il reviendra à Evangelos Venizelos de tenter à son tour de résoudre la quadrature du cercle. Et si lui aussi jette l'éponge, comme cela est fort probable, la Grèce n'aura d'autre choix que d'organiser de nouvelles législatives, dans trois ou quatre semaines.

RENÉGOCIER LES TERMES DU RENFLOUEMENT

Car les élections anticipées ont donné naissance à un paysage parlementaire inédit.

Lourdement sanctionnés par les électeurs qui leur imputent la responsabilité de la récession et de l'austérité liée aux plans européens de sauvetage financier, Nouvelle démocratie et Pasok ne disposent pas, à deux sièges près, de la majorité absolue (ND a remporté 108 des 300 sièges, grâce à la prime de 50 sièges pour le parti arrivé en tête; le Pasok en obtient 41).

Les cinq autres partis représentés au Parlement sont tous opposés aux programmes d'assainissement des finances publiques obtenus en contrepartie de leur aide par la "troïka" des bailleurs de fonds de la Grèce.

Arithmétiquement, on voit mal comment Alexis Tsipras pourrait réunir les 151 députés nécessaires pour former un gouvernement - Syriza compte 52 députés et la Gauche démocratique, qui se dit prêt à participer à une coalition, 19).

Les communistes du KKE, qui comptent 26 élus, ont pour leur part dit dès dimanche qu'ils ne participeraient à aucun gouvernement, de même que les Grecs indépendants, nouvelle formation dissidente de droite créditée de 33 sièges.

Hormis la convocation de nouvelles élections, la seule façon de sortir de l'impasse serait de renégocier les termes du renflouement. Mais cette solution est pour l'heure rejetée par les bailleurs de fonds et certains pays d'Europe du Nord.

"Le pays se dirige la tête la première vers une catastrophe", écrivait lundi l'éditorialiste du quotidien Kathimerini. "Si un gouvernement de salut national n'est pas formé dans les prochains jours, l'organisation de nouvelles élections deviendra inévitable."

Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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