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Marché : Barack Obama reste confronté aux mêmes difficultés économiques

Barack Obama reste confronté aux mêmes difficultés économiquesBarack Obama reste confronté aux mêmes difficultés économiques

par Lucia Mutikani

WASHINGTON (Reuters) - En le réélisant mardi, les Américains semblent avoir accordé à Barack Obama le bénéfice du doute en matière économique, mais le président réélu ne semble pas avoir de recettes supplémentaires à leur proposer pour vaincre le chômage et favoriser la croissance.

Toute la campagne du locataire de la Maison blanche a été handicapée par la frustration des électeurs face à la lenteur de la reprise et à la montée apparemment inexorable de la dette publique.

Aujourd'hui, la meilleure méthode pour donner un coup de fouet à l'activité économique semble être de lever l'hypothèque du "mur budgétaire", ces quelque 600 milliards de dollars (466 milliards d'euros) de hausses d'impôts et de coupes dans les dépenses qui menacent de s'appliquer début 2013 et pèsent déjà sur les décisions d'investissement des entreprises.

Et la manière la plus efficace d'y parvenir est de conclure un accord d'assainissement budgétaire à long terme, une gageure au vu des divisions persistantes au Congrès.

"Obama va devoir régler un certain nombre de ces problèmes budgétaires pour remettre rapidement l'économie en mouvement", explique Mark Zandi, chef économiste de Moody's Analytics. "S'il n'y arrive pas, nous serons coincés."

Dans son premier discours après l'annonce de sa victoire mardi soir, le président s'est engagé à coopérer avec l'opposition républicaine pour réduire le déficit.

La première économie du monde n'est pas parvenue à renouer avec une croissance soutenue depuis qu'elle est sortie de la récession de 2007-2009.

Le produit intérieur brut (PIB) américain a crû en moyenne de 2,1% ces deux dernières années mais les Etats-Unis n'ont regagné que 4,5 des 8,7 millions d'emplois perdus pendant la crise. Environ 23 millions d'Américains restent sans emploi ou sous-employés, un grand nombre d'entre eux étant contraints de se contenter d'un travail à temps partiel. Une situation qui risque de perdurer au vu des cicatrices profondes laissées par la récession et de la faiblesse persistante de la croissance.

L'Etat fédéral, lui, continue d'emprunter des montants considérés comme insoutenables et sa dette dépasse désormais 16.000 milliards de dollars.

LE RISQUE DE BLOCAGE POLITIQUE DEMEURE

Pendant son premier mandat, Barack Obama a été incapable de surmonter les divisions entre démocrates et républicains au Congrès pour conclure un accord de réduction du déficit. Or le scrutin de mardi a confirmé ces divisions, le camp démocrate conservant sa majorité au Sénat alors que les républicains maintenaient leur emprise sur la Chambre des représentants.

Le président a plaidé pendant la campagne pour une réduction du déficit budgétaire de plus de 4.000 milliards de dollars sur dix ans en augmentant les impôts des Américains les plus riches et en réduisant les dépenses de défense, deux méthodes très impopulaires chez les républicains.

"S'attaquer aux positions partisanes et au blocage du Congrès restera une difficulté majeure: les résultats de l'élection d'aujourd'hui ne rendent certainement pas la situation plus facile", a déclaré Harm Bandholz, chef économiste d'UniCredit Research à New York.

Même si le président parvenait à un compromis avec le" Congrès sur le déficit, il n'augmenterait sans doute que de quelques dixièmes de point la croissance économique du pays car cela n'effacerait pas le principal effet néfaste de la récession: une diminution massive de la richesse des Etats-Unis.

Le patrimoine net médian des foyers américains a chuté de 38% entre 2007 et 2010 avec l'effondrement des prix de l'immobilier. Et on estime à près de 11 millions le nombre de foyers dont la dette immobilière dépasse la valeur de leur logement.

De surcroît, une part importante des emplois perdus pendant la récession, dans la construction, la finance, pourrait ne jamais être regagnée.

"La situation de l'emploi sera problématique parce que mon analyse, c'est que le chômage dont nous souffrons est, pour une part importante, structurel", souligne Adolfo Laurenti, chef économiste adjoint de Mesirow Financial à Chicago. "Même une économie dynamique aura du mal à ramener le taux de chômage sous 7%."

Ce taux est remonté à 7,9% en octobre.

L'économie américaine est également affectée par les répercussions de la crise de la dette dans la zone euro et du ralentissement de l'économie chinoise. Les exportations ont contribué à hauteur d'un tiers environ à la croissance depuis la fin de la récession.

"Nous évoluons dans une économie mondialisée et la croissance économique ne dispose pas d'un moteur mondial solide. C'est un problème qu'Obama ne peut pas régler aisément", ajoute Adolfo Laurenti.

Marc Angrand pour le service français, édité par Jean-Philippe Lefief

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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