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Marché : Barack obama prône un "compromis juste" sur la dette américaine

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par Andy Sullivan et Richard Cowan

WASHINGTON (Reuters) - Barack Obama a appelé lundi républicains et démocrates à trouver un "compromis juste" sur la dette et les déficits américains pour éviter un défaut de paiement "risqué et irresponsable".

Lors d'une allocution à la nation prononcée à la Maison blanche, le président américain a détaillé les graves conséquences économiques que provoqueraient un défaut voire un abaissement de la note souveraine si les élus du Congrès ne parviennent pas à s'entendre d'ici à la date-butoir du 2 août.

"Faire défaut sur nos obligations serait un résultat risqué et irresponsable (...). Nous risquerions de déclencher une grave crise économique, une crise provoquée presque entièrement par Washington", a déclaré Barack Obama.

Le chef de la Maison blanche a souhaité un compromis visant à réduire le déficit de 4.000 milliards de dollars et à faire partager l'effort de réduction des dépenses par toutes les catégories de la société, ce que refusent une partie des élus républicains, parmi lesquels les conservateurs du Tea Party.

L'impasse budgétaire entre républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, et démocrates, qui tiennent le Sénat, rend nerveux les investisseurs à l'approche de la date-butoir, après laquelle le Trésor ne sera normalement plus en mesure de régler toutes ses factures.

Le blocage pèse sur les Bourses et le dollar et favorisent les achats d'or, valeur-refuge par excellence, mais il n'a pas déclenché les mouvements de ventes massifs que certains responsables politiques à Washington disaient craindre après une énième rupture des négociations ce week-end.

VICTIME COLLATERALE

Soulignant qu'un abaissement de la note souveraine américaine déclencherait une hausse des taux d'intérêt et un fardeau supplémentaire pour le contribuable, Barack Obama a estimé que le peuple américain n'avait pas à devenir la "victime collatérale" des calculs politiques du Congrès.

Il a ajouté qu'un défaut de paiement, le premier dans l'histoire des Etats-Unis, affecterait directement la vie quotidienne de nombreux Américains car le gouvernement ne serait plus en mesure de verser les chèques mensuels de la Sécurité sociale - aide aux personnes âgées, aux chômeurs, programmes Medicare et Medicaid -, les pensions des anciens combattants ou d'honorer les contrats avec des milliers d'entreprises.

"J'ai dit aux dirigeants des deux partis qu'ils devaient parvenir à un compromis juste dans les prochains jours susceptible d'être adopté par les deux chambres du Congrès, un compromis que je puisse promulguer", a déclaré Obama.

"Le peuple américain a peut-être voté pour un gouvernement divisé, mais il n'a pas voté pour un gouvernement qui ne fonctionne pas", a-t-il ajouté.

Barack Obama a fustigé ceux des républicains qui refusent toute hausse des recettes et s'opposent aux appels de la Maison blanche à la suppression des exemptions fiscales pour les entreprises et les particuliers les plus riches.

L'allocution de Barack Obama était la septième depuis le début de son mandat en janvier 2009.

Dans sa réponse, le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, a réaffirmé son hostilité au plan proposé par Barack Obama.

"La triste vérité, c'est que le président a voulu un chèque en blanc il y a six mois, et qu'il veut un chèque en blanc aujourd'hui. Cela ne se produira tout simplement pas", a-t-il déclaré.

A moins d'une semaine de la date-butoir du 2 août, républicains et démocrates se renvoient mutuellement la responsabilité du blocage et travaillent à des projets distincts de réduction des déficits.

Le plafond de la dette américaine est actuellement fixé à 14.300 milliards de dollars.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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