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Marché : Baisse de 11,2% du marché automobile français en avril

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par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Les immatriculations de voitures neuves en France ont accusé en avril leur première baisse depuis le début de l'année, la fin de l'effet prime à la casse venant s'ajouter aux difficultés de livraison de composants auxquelles le secteur est actuellement confronté.

Les nouvelles immatriculations dans l'Hexagone ont reculé de 11,2% en avril sur un an, après avoir augmenté sur chacun des trois premiers mois de l'année, pour s'établir à 169.453 unités, a annoncé lundi le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA).

Le mois d'avril comptait cette année 20 jours ouvrables, contre 21 jours en 2010. A nombre de jours ouvrables comparable, la baisse des immatriculations ressort de 6,8%.

En mars, les ventes avaient augmenté de 6,1%, à la fois en données brutes et en données CJO.

"Les grands gagnants de l'année dernière avec la prime à la casse sont les plus touchés par cette rechute", commente un porte-parole du CCFA. "Il faut ajouter les problèmes de livraison aux constructeurs: la filière automobile peinait déjà à faire face à la demande, et le problème japonais ne va faire qu'aggraver la situation."

Le CCFA n'en modifie pas pour autant son scénario d'une baisse de 8% du marché français en 2011.

"On va grignoter notre avance tout au long de l'année, mais après mai ou juin, les problèmes de livraison devraient commencer à s'atténuer", ajoute-t-il

Sur les quatre premiers mois de l'année, les immatriculations automobiles restent en hausse de 4,0% en données brutes et CJO grâce à l'élan imprimé par les dernières primes à la casse. L'aide publique, ramenée à 500 euros, restait valable pour toute commande passée avant le 31 décembre 2010 et livrée avant le 31 mars 2011.

"On est entré dans une phase de consolidation du marché français, on assiste à une normalisation", précise Flavien Neuvy, directeur de l'observatoire Cetelem de l'automobile. "Les reculs (mensuels) ne sont pas catastrophiques."

PAS ENCORE D'EFFET JAPON

Les constructeurs français, qui ont le plus profité des primes à la casse grâce à leur forte présence sur le segment des plus petites voitures, ont vu en tout leurs ventes baisser de 20,2% en avril sur un an, tandis que celles des concurrents étrangers ont augmenté de 2,1%.

Les immatriculations de PSA Peugeot Citroën ont trébuché de 21,1%, tandis que celles du groupe Renault ont baissé de 19,1%. D'un mois sur l'autre, les ventes de 206+/207 sont passées d'environ 21.000 à 10.500, celles de Nouvelle C3 de 12.000 à 5.000, et les immatriculations de la famille Clio de 17.900 à 9.700.

Les ventes du groupe au losange, confronté au début de l'année à une affaire de faux espionnage, dissimulent une disparité entre les marques Renault (-23,5%) et Dacia (+6,6%). Pour la marque low cost du groupe, les difficultés du Sandero GPL dans le sillage de l'arrêt du bonus pour ce type de motorisation sont compensées par le boom du Duster.

PSA, dont de nouveaux modèles comme 3008 ou DS3 ont mieux résisté, a connu en avril une semaine de baisse de production dans plusieurs de ses usines européennes, à la suite d'un risque de pénurie pour un composant de moteur diesel importé du Japon, mais le groupe a précisé que l'impact sur les immatriculations avait été nul.

Renault a prévenu de son côté que la désorganisation de la filière automobile japonaise après le séisme de mars aurait des retombées sur la production vers le milieu de l'année.

La famille Mégane continue en revanche de souffrir de problèmes d'approvisionnement en composants moteurs, étrangers à ce qui se passe au Japon mais liés aux difficultés d'un certain nombre d'équipementiers, principalement en France et en Europe, à faire face au rebond de la demande depuis la fin de la crise.

Dans l'utilitaire, les ventes de véhicules légers ont reculé de 6,4% en données brutes (-1,7% en données CJO) en avril sur un an, conséquence notamment d'un comparatif défavorable en avril 2010. Les ventes de véhicules industriels, dont le rebond avait été plus tardif, ont quant à elles encore augmenté de 40,6% le mois dernier.

Avec Helen Massy-Beresford, édité par Dominique Rodriguez

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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