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Marché : Au rendez-vous de la fed, les politiques appelés à agir vite

Au rendez-vous de la fed, les politiques appelés à agir viteAu rendez-vous de la fed, les politiques appelés à agir vite

par Ann Saphir et Mark Felsenthal

JACKSON HOLE, Wyoming (Reuters) - Les patrons de la Réserve fédérale américaine, du Fonds monétaire international (FMI) et de l'OCDE ont accentué ce week-end la pression sur les dirigeants politiques de part et d'autre de l'Atlantique, les exhortant à sortir de leur torpeur pour répondre aux défis économiques.

Réuni à Jackson Hole, dans le Wyoming, le gratin de l'économie mondiale semble redouter que le ralentissement de la croissance et l'aggravation de la crise de la dette ne dégénèrent en un danger bien plus profond si rien n'est fait.

Dès vendredi, le patron de la Fed Ben Bernanke a donné le ton, insistant sur le fait que l'essentiel du travail pour établir des fondations solides soutenant une croissance sur le long terme relevait de la Maison blanche et du Congrès.

La directrice générale du FMI Christine Lagarde a mis en garde le lendemain contre le risque de voir l'économie mondiale plonger dans la récession et a appelé les dirigeants à "agir maintenant", notamment en vue d'une recapitalisation des banques européennes.

"J'espère qu'ils écoutent", a réagi le gouverneur de la Banque d'Israël Stanley Fischer.

Pour Angel Gurria, secrétaire général de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), "la gouvernance n'est pas dans une période très reluisante en ce moment (...), ni en Europe ni aux Etats-Unis".

"Voilà le sentiment qui ressort des discussions à court terme: 'Nous ne pouvons même pas nous mettre d'accord sur l'heure qu'il est, même lorsqu'il y a une énorme horloge qui nous l'indique'", a-t-il déclaré à Reuters.

NE PAS SAPER LA CROISSANCE

Aux Etats-Unis, l'impasse politiques a inhibé les propositions visant à contrôler le déficit massif du pays, qui l'a mené au bord d'un défaut de paiement et lui a valu la perte de sa très convoitée note triple-A aux yeux de l'agence Standard & Poor's.

En Europe, la zone euro reste divisée sur la question de qui paiera la note de la crise de la dette, des dissensions qu'illustrent les débats sur les euro-obligations ou sur les collatéraux réclamés par la Finlande en échange de son aide à la Grèce.

Christine Lagarde, dont l'intervention à Jackson Hole a été rajoutée au dernier moment et reflète son sens de l'urgence, a mis en garde contre la réduction trop rapide des déficits, qui risque de saper une croissance chancelante.

Elle n'est pas la seule.

Depuis l'éclatement de la crise financière, la Fed a abaissé ses taux d'intérêt à un niveau proche de zéro et a racheté 2.300 milliards d'obligations pour soutenir la reprise. La politique monétaire ayant épuisé une bonne partie de ses munitions, tout se joue désormais sur la politique budgétaire, a suggéré en substance Ben Bernanke.

"Même si la question de la viabilité budgétaire doit être réglée de manière urgente, les responsables des questions budgétaires devraient tenir compte de la fragilité de la reprise économique actuelle", a-t-il fait valoir.

"COUP DE SEMONCE"

Selon Glenn Hubbard, doyen de la Columbia Business School, le discours de Bernanke est "un coup de semonce à l'intention du gouvernement pour lui dire: 'Arrêtez de vous en remettre à la Réserve fédérale, vous avez un travail à accomplir'".

"La Fed dit simplement: 'Nous surveillons la situation de très près mais nous encourageons le gouvernement, les deux partis, à se mettre autour d'une table et à adopter un plan de renforcement budgétaire à long terme et ensuite peut-être un plan de relance à court terme", a-t-il dit au micro de Reuters Insider.

Ces appels de la part de l'élite de la planète économie pourraient offrir à Barack Obama un soutien inattendu alors que sa campagne en vue d'un second mandat risque de débuter sous le mauvais augure d'un taux de chômage stagnant au-delà de 9%.

Le président américain prépare un discours qu'il prononcera après la Fête du travail prévue le 5 septembre, et dans lequel il devrait présenter des propositions destinées à doper l'emploi.

Barack Obama s'est aussi tourné vers les ténors de l'économie mondiale.

Le locataire de la Maison blanche et la chancelière allemande Angela Merkel se sont entretenus samedi par téléphone de la crise dans la zone euro et des remous sur les marchés financiers, s'engageant à prendre des mesures pour relancer l'économie mondiale.

La veille, Barack Obama a parlé avec Christine Lagarde et les deux ont convenu que l'économie avait besoin à court terme de nouvelles mesures de soutien à la croissance.

Côté européen, la question de la solidité du secteur bancaire revient avec insistance.

Christine Lagarde et le président de la Banque centrale européenne Jean-Claude Trichet ont tous les deux insisté sur le renforcement du bilan des banques, la directrice générale du FMI appelant même à opérer une "recapitalisation substantielle".

"Même si les politiques à mener sont claires, l'incertitude générée par les postures politiques en Europe comme aux Etats-Unis crée de sérieux risques", résume Eswar Prasad, professeur à l'Université Cornell.

Jean Décotte pour le service français

Copyright © 2011 Thomson Reuters

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