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Marché : Athènes exclut une restructuration, préparerait d'autres mesures

Athènes exclut une restructuration, préparerait d'autres mesuresAthènes exclut une restructuration, préparerait d'autres mesures

par Harry Papachristou

ATHENES (Reuters) - La Grèce doit éviter une restructuration de sa dette et persévérer dans son programme d'austérité et de privatisations pour surmonter ses difficultés, ont déclaré ce week-end le Premier ministre George Papandréou et des responsables de la Banque centrale européenne (BCE).

Athènes est sous pression du fait que Fitch a abaissé une nouvelle fois vendredi la note souveraine attachée au pays, l'enfonçant un peu plus dans la catégorie spéculative.

L'agence de notation a en outre déclaré qu'elle assimilerait toute forme de "reprofilage" de la dette grecque à un défaut, alors que des ministres européens ont évoqué pour la première fois une restructuration "douce" en début de semaine, via notamment un allongement de la maturité des titres émis par le pays.

"Une restructuration de la dette ne fait pas l'objet de discussions", a déclaré le Premier ministre grec dans un entretien accordé au journal dominical Ethnos.

Prié de dire si un "reprofilage" était envisagé, George Papandréou a répondu que le gouvernement "n'entr(ait) pas dans des débats publics sur de tels scénarios".

Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a abondé dans son sens en déclarant que la Grèce n'avait d'autres options que de poursuivre son plan d'ajustement budgétaire.

"La position de la BCE est unique et claire: il faut appliquer les engagements pris", a souligné le gouverneur de la banque centrale autrichienne au quotidien grec To Vima.

De son côté, l'Allemand Jürgen Stark, membre du directoire de la BCE, a estimé dans une interview au journal Kathimerini que toute forme de restructuration mettrait en danger le retour de la Grèce sur le marché obligataire et saperait ses efforts de réforme.

"La Grèce risque de ne pas pouvoir revenir sur les marchés pendant une longue période, et, même si elle y parvient, de payer à l'avenir une prime de risque accrue", a-t-il insisté.

"Nous sommes à un moment critique, ce qu'il faut maintenant c'est agir."

NOUVEAU PLAN D'AUSTÉRITÉ

La presse grecque rapportait samedi que le gouvernement envisageait d'appliquer de nouvelles mesures d'austérité pour tenter d'obtenir une aide supplémentaire et qu'il discuterait lundi d'un plan d'ajustement budgétaire et de privatisations à moyen terme.

Le programme pourrait inclure la réduction des primes pour les fonctionnaires et les employés des entreprises publiques, ainsi que des hausses de taxes et impôts sur un certain nombre de produits et de professions, écrivent Ta Nea et Isotimia, qui ne citent pas de sources.

Le gouvernement socialiste pourrait notamment relever les taxes sur les boissons non-alcoolisées et certains types de carburants ou faire passer un éventail de produits à un taux de TVA supérieur, selon d'autres journaux.

George Papandréou s'est engagé ce week-end à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer des financements additionnels à son pays.

"La Grèce doit convaincre tout le monde de sa détermination", a-t-il déclaré.

Dans un entretien publié dimanche par le Bild am Sonntag, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a estimé que des mesures d'aide supplémentaires pourraient être accordées à la Grèce si certains critères sont remplis.

Un soutien additionnel "est uniquement imaginable s'il est confirmé que les créanciers privés, comme les banques, ne se retirent pas de la Grèce en laissant les contribuables européens assumer l'entière responsabilité", a-t-il précisé.

Mais avant qu'une nouvelle aide soit envisagée, il faudra examiner le rapport des inspecteurs du Fonds monétaire international (FMI), de l'Union européenne (UE) et de la BCE actuellement à Athènes, a-t-il dit.

George Papandréou a également promis d'accélérer le programme de privatisations censé permettre à l'Etat grec de dégager 50 milliards d'euros.

Dans cette optique, le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a pressé Athènes de mettre en place une institution indépendante pour mener à bien ces opérations, à l'image de celle qui avait privatisé les sociétés est-allemandes après la chute du Mur de Berlin.

Il a aussi indiqué dans les colonnes de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel que la perspective d'une restructuration "douce" devrait seulement être envisagée une fois que la Grèce aura consolidé ses finances.

"C'est seulement à ce moment-là que nous pourrions envisager d'allonger la maturité des prêts publics et privés et d'abaisser les taux d'intérêts", a-t-il jugé.

Avec Brian Rohan; Jean Décotte pour le service français

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