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Marché : Angela merkel intransigeante sur les euro-obligations

Angela merkel intransigeante sur les euro-obligationsAngela merkel intransigeante sur les euro-obligations

par Noah Barkin et Stephen Brown

BERLIN (Reuters) - Angela Merkel a reproché mercredi à certains de ses partenaires européens de mettre la charrue avant les boeufs en préconisant la création d'euro-obligations pour lutter contre la crise de la dette dans la zone euro avant d'avoir adopté des mesures de contrôle budgétaire plus strictes.

Lors d'une intervention devant le Bundestag, la chancelière allemande a en revanche entrouvert pour la première fois la porte à l'utilisation des recettes d'une éventuelle taxe sur les transactions financières pour soutenir la croissance et la compétitivité des pays européens en difficulté.

A la veille du sommet européen, elle n'a toutefois fait aucune autre concession à ses partenaires qui plaident pour une mutualisation de la dette, critiquant au contraire avec virulence un rapport de responsables européens qui préconise cette solution pour sortir de la crise.

"Je crains que l'on ne parle trop au sommet de ces idées de responsabilité commune et pas assez de l'amélioration des systèmes de contrôle et des mesures structurelles", a déclaré Angela Merkel.

"Les euro-obligations, les euro-bons et le fonds de remboursement ne sont pas seulement anticonstitutionnels en Allemagne, ils sont aussi économiquement erronés et contre-productifs", a-t-elle insisté, répétant un argumentaire désormais bien rodé.

Mardi, la chancelière a déclaré lors d'une réunion à huis clos avec des parlementaires qu'elle ne s'attendait pas à voir une mutualisation de la dette "de son vivant".

Elle n'a pas été aussi loin dans son discours mercredi mais elle a redit que les membres de la zone euro devaient au préalable renoncer à leur souveraineté nationale en matière budgétaire.

"Il ne peut y avoir de responsabilité commune que s'il y a des instruments de contrôle. Je mettrai en avant le fait que ni le gouvernement fédéral allemand et les Länder, ni les Etats-Unis ou le Canada ne mutualisent totalement les obligations qu'ils émettent", a fait valoir Angela Merkel.

Première économie de la zone euro, l'Allemagne subit d'intenses pressions pour adopter des mesures de nature à mettre fin à l'interminable crise de la dette.

"MAÎTRESSE D'ÉCOLE"

La Grèce, l'Irlande et le Portugal ont déjà bénéficié d'un plan de renflouement et l'Espagne et Chypre en ont sollicité un pour leurs banques. Si un autre grand pays en venait à cette extrémité - l'Italie par exemple - les fonds de sauvetage de l'UE seraient rapidement asséchés et la zone euro risquerait l'implosion.

L'intransigeance d'Angela Merkel ne fait pas l'unanimité en Allemagne.

Invité à s'adresser au Bundestag après la chancelière, le chef du groupe parlementaire de l'opposition sociale-démocrate (SPD), Frank-Walter Steinmeier, a reproché à Angela Merkel de se tromper de diagnostic et de se comporter envers ses partenaires "comme une maîtresse d'école".

"Cette crise détruit tout sur son passage en Europe, il n'y a aucune sortie en vue et la crise est maintenant en train de nous rattraper", a-t-il constaté.

L'Allemagne a été confrontée au mois de juin à une série d'indicateurs traduisant un fléchissement de la croissance économique.

Angela Merkel a reconnu que tous les yeux seraient braqués sur elle pendant le sommet, ajoutant qu'elle ne se faisait "aucune illusion" sur les "discussions controversées" qui l'attendaient avec les autres dirigeants européens.

Mais elle a répété que Berlin ne pouvait pas aller plus loin sans que cela n'entraîne des "conséquences imprévisibles" pour l'Allemagne et l'Europe.

L'un des rares points sur lesquels elle semble prête à un compromis est l'affectation des revenus de la taxe sur les transactions financières, qui sera discutée à Bruxelles, qu'une dizaine d'Etats membres de la zone euro voudraient voir introduite l'année prochaine.

Angela Merkel a indiqué qu'elle pouvait envisager que ces revenus servent à soutenir la croissance et la compétitivité des pays en difficulté. Berlin estimait jusqu'alors qu'ils devaient être affectés aux pays où ils avaient été levés.

La chancelière allemande pourrait aussi tendre la main à l'Espagne en acceptant une utilisation plus souple des fonds de sauvetage européens pour permettre une recapitalisation directe des banques espagnoles, ce qui éviterait à Madrid d'avoir à supporter un accroissement de sa dette publique.

Tangi Salaün pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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