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Marché : Afflelou, premier test pour le private equity en 2012

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par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - La mise sur le marché de l'enseigne Alain Afflelou marque un premier test de taille pour le capital investissement en France, un marché actuellement au point mort, victime des effets cumulés de l'assèchement du crédit et de la récession.

Selon les informations de Reuters, la banque d'affaires Rothschild a été mandatée afin de sonder l'appétit des fonds d'investissements pour monter un nouveau LBO (leveraged buy-out) dont la valorisation serait comprise entre 500 millions et un milliard d'euros.

Aucun processus formel de vente n'a encore été lancé mais les professionnels du private equity interrogés par Reuters jugent que ce dossier donnera le "la" du marché en ce début d'année.

"Cela va évidemment être un test car des dossiers comme cela on n'en a pas vu depuis l'été 2011", juge Virginie Lazès de la banque d'affaires Bryan Garnier, une opinion largement partagée dans le secteur.

"Il n'y a pas à ma connaissance d'autres dossiers de cessions de cette taille en ce moment. C'est gros, c'est visible, c'est symbolique et il sera intéressant de voir quel sera l'appétit pour cet actif", juge Eduardo Fernandez, un avocat spécialiste des opérations dans le capital investissement au cabinet Willkie Farr & Gallagher à Paris.

L'activité des fusions-acquisitions a effectué un plongeon spectaculaire en France au quatrième trimestre 2011, une chute brutale marquée par une rafale d'annonces de transactions reportées sine die comme celle portant sur Tokheim, un fournisseur de service pour les stations-service.

"Lancer un tel processus est actuellement risqué car il y a eu récemment des cas d'annulations de procédure de vente comme ce fut le cas pour Tokheim et personne ne souhaite lancer un processus pour le retirer après", explique l'avocat.

"Je pense que, malgré tout, il sera possible de trouver la dette senior convenable pour financer cette opération car les banques anglaises, américaines ou japonaises sont prêtes à prendre des parts de marché aux françaises qui sont beaucoup plus conservatrices qu'auparavant."

L'une des inquiétudes majeures pour l'industrie du capital investissement en 2012 est de trouver des financements bancaires et obligataires suffisants pour réaliser des transactions, les banques françaises ayant drastiquement restreint les crédits.

"Le marché a besoin de bonnes nouvelles mais un échec de cette opération ne signifierait pas forcément une année catastrophique", tempère un autre avocat d'affaires pour qui le temps où toutes les entreprises mises sur le marché trouvaient preneur est révolu.

INSIDE SECURE, IPO TEST

Pour Virginie Lazès, un autre ballon d'essai déterminant pour le capital investissement a lieu actuellement sur le front boursier.

"L'autre opération qui aura valeur de test pour le marché du private equity sera l'introduction en Bourse d'Inside Secure", juge la banquière.

Inside Secure, une entreprise française spécialisée dans les technologies de communication sans fil, avait du reporter son introduction en Bourse l'année dernière en pleine panique des marchés financiers. Elle retente actuellement sa chance et cherche à lever jusqu'à 80 millions d'euros auprès des investisseurs.

"Si l'IPO est probante, cela pourrait donner une porte de sortie aux fonds d'investissement pour les entreprises qu'ils souhaitent céder", explique Virginie Lazès.

Une opération réussie pourrait d'ailleurs donner des idées aux actionnaires d'Afflelou, les fonds Apax et Bridgepoint qui avaient envisagé de faire reprendre à l'entreprise le chemin de la Bourse.

Cette option avait dû être abandonnée en 2011 avec le retournement des marchés boursiers mais redeviendrait envisageable en cas de rebond prolongé.

Le fonds Bridgepoint avait sorti Afflelou de la Bourse en 2006 pour une valorisation de 500 millions d'euros.

Selon son site internet, Afflelou comptait au 31 décembre 2010 un total de 1.021 magasins dans le monde, dont 677 en France, pour un chiffre d'affaires de 721,15 millions d'euros.

L'opticien, connu pour mettre en scène son fondateur dans ses publicités, a annoncé début 2011 le lancement d'une nouvelle activité dans la distribution de produits d'aide à l'audition.

Julien Ponthus, édité par Jean-Michel Bélot

Copyright © 2012 Thomson Reuters

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