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Marché : Accord entre athènes et la troïka sur la tva

Accord entre athènes et la troïka sur la tvaAccord entre athènes et la troïka sur la tva

par Noah Barkin et George Georgiopoulos

BERLIN/ATHENES (Reuters) - La Grèce s'est entendue avec l'Union européenne, le FMI et la BCE sur une baisse de la TVA, a déclaré mardi une source de la coalition au pouvoir en Allemagne, décision visant à rallier l'opposition grecque et à éviter un défaut de paiement.

L'opposition n'a pas tardé à réagir. L'un de ses responsables a dit mardi à Reuters que la baisse de la TVA serait bienvenue mais ne suffirait pas à relancer l'économie et à assurer au gouvernement la bienveillance de ses adversaires politiques.

"La baisse de l'impôt sur le revenu et de l'impôt sur les sociétés que nous proposons aurait davantage de répercussions, coûterait moins et n'aurait pas d'impact immédiat sur le cash flow", a expliqué un responsable du parti Nouvelle Démocratie.

L'opposition grecque fait d'un allègement de la fiscalité une condition sine qua non de son soutien aux nouvelles mesures d'austérité que le gouvernement grec compte prendre.

Les bailleurs de fonds exigent de leur côté un soutien large de la classe politique grecque de manière à ce que la Grèce poursuive ses efforts de réduction du déficit budgétaire, quel que soit le parti au pouvoir.

"Ils sont tombés d'accord sur ça", a dit la source à Berlin, confirmant des informations de la presse grecque suivant lesquels la "troïka" acceptait le principe d'une réduction de la TVA. Le quotidien financier grec Imerissia écrit que la troïka autorise la Grèce à abaisser le taux plafond de TVA de 23% à 20% et le taux plancher de 13% à 10%.

"Nous ne faisons aucun commentaire tant que les discussions avec la troïka sont en cours", a déclaré le ministère des Finances.

L'Allemagne est l'un des premiers pays à contribuer aux renflouements mis en place par l'Union européenne mais son opinion publique voit d'un mauvais oeil une rallonge à l'aide apportée à la Grèce.

LARGE CONSENSUS

Pour l'agence de notation Fitch Ratings, l'UE et le Fonds monétaire international devront accroître nettement leur aide à la Grèce au-delà de mai 2013, date du terme du premier programme d'assistance financière, pour donner le temps au pays de revenir à une situation de solvabilité.

"Un supplément de 90 à 100 milliards d'euros pourrait répondre aux besoins de financement de la Grèce jusqu'à la fin 2014, lui permettant en principe de gagner suffisamment de temps pour mettre en oeuvre les réformes qui s'imposent afin d'assurer une gestion pérenne de la dette", explique l'agence.

Fitch a réduit la dette souveraine de la Grèce de trois crans à B+ ce mois-ci. Elle a dit mardi qu'elle comptait conclure un nouvel examen de la note lorsque l'UE et le FMI auront rendu compte de leur propre étude financière du pays.

Fitch a abaissé mardi la note de Chypre, ramenée de AA- à A-, en raison de l'exposition des banques chypriotes à la dette grecque et l'a assortie d'une perspective négative.

L'agence estime cependant que les banques chypriotes résisteraient à une restructuration de la dette grecque qui entraînerait une décote de 50% de leurs créances.

La troïka doit achever sa mission à Athènes dans le courant de la semaine puis soumettre ses conclusions sur les progrès accomplis par la Grèce pour atteindre ses objectifs budgétaires.

Ce rapport déterminera si la Grèce reçoit fin juin une nouvelle tranche de 12 milliards d'euros du programme d'aide de 110 milliards convenu en mai 2010 entre Athènes, l'UE et le FMI.

Même si le Pasok, le parti du Premier ministre George Papandréou, conserve une majorité parlementaire confortable, il reste à régler la question des déficits de 2012 et de 2013 qui doivent dépasser 60 milliards d'euros combinés, et les prêteurs internationaux veulent un consensus large sur les modalités de l'aide dans la perspective des élections prévues en 2013.

Le nouveau programme d'aide à la Grèce totaliserait dans les 65 milliards d'euros, selon de hauts fonctionnaires européens. Il pourrait comporter des prêts garantis de la part de l'UE et du FMI et, fait sans précédent, consacrer un droit de regard extérieur sur le programme de privatisations de la Grèce, vis-à-vis duquel Fitch se montre sceptique.

De hauts fonctionnaires européens étaient réunis ce mardi à Vienne pour établir les options de ce second programme d'aide, préparant ainsi le terrain à des discussions à haut niveau sur le dossier grec.

La dette de la Grèce représente 327 milliards d'euros, soit 150% environ de son produit intérieur brut (PIB).

L'austérité frappe déjà durement les ménages grecs: les ventes au détail ont chuté de 17,5% en volume en mars, par rapport à mars 2010, après un recul de 10,6% en février.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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