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Xavier Gandrille : "profiter des creux de marché pour se renforcer"

(Tradingsat.com) - Revenu à 3400 points cette semaine, le marché parisien fait du surplace depuis le début du mois d'octobre. Après le sommet européen en demi-teinte du week-end dernier, la saison de publication des résultats trimestriels aux Etats-Unis n'a pas apporté que des bonnes nouvelles, fragilisant les indices, sans toutefois provoquer de ventes paniques.

« Je ne m'inquiète pas outre mesure, confie Xavier Gandrille, directeur de la stratégie d'Amplegest, à Tradingsat.com. Certes, il remarque que « la France et l'Allemagne ont montré certaines divergences de point de vue sur la recapitalisation des banques et la maîtrise budgétaire ». Néanmoins, « on sait que ces deux piliers de l'Europe savent faire preuve de raison lorsqu'il y a le feu à la maison, or la situation est justement devenue moins urgente depuis que la BCE s'est engagée elle aussi dans un « quantitative easing », à l'image de la Fed américaine ».

Moody's a ainsi décidé de ne pas dégrader la note de l'Espagne, soulignant la forte baisse du risque de voir la quatrième économie de la zone euro perdre l'accès aux marchés du fait que la BCE est désormais prête à acheter des obligations espagnoles. Selon Xavier Gandrille, il est ainsi probable que « les conditions d'intervention de la BCE se préparent en coulisse ».

Parallèlement, tandis que la liste des déceptions commence à s'allonger au fur et à mesure qu'avance la période de publication des résultats trimestriels aux Etats-Unis (Google, Dupont, 3M, Caterpillar, et maintenant Amazon et Apple), le stratégiste fait remarquer que « les révisions en baisse des perspectives étaient déjà en partie prises en comptes dans les prévisions des analystes ».

Mais le plus important est sans doute qu' « en toile de fonds, les politiques monétaires sont très accommodantes, toutes les banques centrales sont à l'unisson », tandis que semble émerger l'idée, évoquée récemment par le FMI, d'un lissage dans le temps de l'austérité imposé aux politiques budgétaires, afin de ne pas trop pénaliser la croissance.

In fine, en termes de stratégie de gestion, les creux de marché constituent aujourd'hui des occasions de se renforcer sur le marché. « C'est mon sentiment », confie Xavier Gandrille. « Au-delà des vicissitudes de court terme », le gérant note quelques signaux d'amélioration aux Etats-Unis sur le plan macroéconomique, notamment en ce qui concerne la confiance et les dépenses des ménages dont le pouvoir d'achat est soutenu par la baisse des prix du pétrole.

Sur le plan sectoriel, Xavier Gandrille juge que les valeurs financières ont été exagérément matraquées et trouve logique qu'elles bénéficient d'un regain d'intérêt logique lorsque le risque diminue. En deuxième lieu, selon lui, « les politiques monétaires accommodantes et surtout la volonté de la Chine de faire le nécessaire pour éviter un ralentissement trop important de sa croissance sont a priori plutôt favorables au secteur des produits de base ».

Enfin, « par transitivité, les valeurs cycliques durement sanctionnées depuis la crise de 2008, à l'image de Saint-Gobain ou Vallourec, sont sans doute à regarder de plus près que les belles valeurs sur lesquelles tout le monde s'est replié », estime Xavier Gandrille. « Ce qui ne veut pas dire qu'il faille se désintéresser des entreprises bénéficiant toujours d'un important « pricing power », comme dans le secteur du luxe ».

Propos recueillis par François Berthon

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