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Stéphane Furet : "La période actuelle peut être mise à profit pour entrer sur le marché"

(Tradingsat.com) - Le début de l’année 2015 est marqué par une forte volatilité sur les marchés actions, entre l’espoir d’un programme de rachats de dettes d’Etats par la Banque centrale européenne, la crainte du résultat des élections grecques, la chute des cours du pétrole, le krach boursier suisse… Stéphane Furet, le directeur général de la société de gestion Dorval Finance, passée en septembre dernier sous le giron de Natixis AM, nous livre son analyse.

Tradingsat.com : Quel est votre pronostic sur les principales interrogations des marchés à court terme ?

Stéphane Furet : L’année a débuté avec l’échec de l’élection du nouveau Président grec, qui a fait plonger le marché. Les nouvelles élections législatives qui auront lieu le 25 janvier pourraient voir gagner le parti d’extrême gauche Syriza. Mais quel que soit le résultat, nous ne pensons pas que la Grèce sortira de la zone Euro. Ce n’est l’intérêt ni de la Grèce, ni de l’Allemagne - malgré certaines déclarations. On peut imaginer que le nouveau gouvernement engagera de nouvelles discussions avec le FMI et l’union européenne, sachant que seulement 20% de la dette grecque est aujourd’hui dans les mains des investisseurs privés. Il y aura certainement un bras de fer, mais sans commune mesure avec ce que l’on a connu en 2011. Cela devrait déboucher sur un rééchelonnement de la dette, éventuellement un effort sur le taux… En attendant, les marchés sont dans l’expectative. La BCE ne pourra sortir l’artillerie lourde lors de sa réunion du 22 sans connaître les résultats des élections du 25. Il faut attendre que la situation se clarifie. Pour une fois, l’année va démarrer plus tard…

Tradingsat.com : Et une fois que les élections grecques seront passées ?

Stéphane Furet : Alors les choses peuvent s’accélérer assez vite, parce que cela va coïncider avec le gros de la saison des résultats. Là-dessus, nous sommes assez confiants, y compris sur l’Europe, et même surtout sur l’Europe, qui profite à la fois de la baisse du pétrole et de la hausse du dollar. Par comparaison avec les années précédentes, 2015 offre une bonne visibilité en termes de croissance des bénéfices des entreprises. Le risque de révision à la baisse des prévisions initiales nous semble réduit. Nous anticipons une croissance des résultats de +8% à +10%, comparable à celle des entreprises américaines, alors que l’écart de valorisation est à un niveau haut avec les Etats-Unis qui jouent le rôle de refuge. Les grands investisseurs anglo-saxons et internationaux pourraient donc revenir si la situation grecque se clarifie et que la BCE entre en scène.

Tradingsat.com : Qu’attendez-vous de la BCE ?

Stéphane Furet : Les investisseurs anticipent un rachat massif d'obligations souveraines de tous les pays membres, sur le modèle de la Fed américaine ou de la Banque du Japon, une sorte d’assouplissement quantitatif, de « quantitative easing » à l’européenne. L'impact de ce nouveau programme sur les marchés financiers devrait être positif, même s'il est difficile de prévoir son effet sur la croissance et l’inflation. Pour autant, si les effets des mesures accommodantes menées ces dernières années sont encore assez légers, les indicateurs de l’activité manufacturière en Europe ont cessé de se dégrader et commencent à remonter légèrement.

Tradingsat.com : Les récentes statistiques macroéconomiques doivent donc plutôt inciter à l’optimisme ?

Stéphane Furet : Oui, elles montrent une reprise très molle. Encore une fois le contexte politique n’aide pas, mais les chiffres vont plutôt dans le bon sens. Même en France, qui n’est vraiment pas le pays le mieux placé dans la reprise économique, le sentiment des ménages s’améliore, sans doute aidé par la baisse du pétrole. En tout cas, il n’y a pas lieu de faire du catastrophisme, il y a de la croissance mondiale. Or, la Bourse de Paris est bien pourvue en sociétés très internationalisées. Ce qui nous incite à penser que la période actuelle, jusqu’à la fin du mois, peut être mise à profit pour entrer sur le marché.

Tradingsat.com : La chute du pétrole ne comporte-telle pas des risques ?

Stéphane Furet : Nous ne croyons pas aux scénarios selon lesquels la baisse du pétrole serait un prélude à l’écroulement de la demande, à la déflation. Le gros de la baisse sur les cours du baril a eu lieu. Le baril vient tout de même de chuter de 50% ! Cette chute devrait mécaniquement entraîner une restriction de l’offre, ce qui va aider les prix à se stabiliser. Pour nous, les implications de ce contre-choc pétrolier sont donc essentiellement positives. C'est l’équivalent d’une baisse d’impôts pour tous les ménages, particulièrement dans les pays importateurs nets de pétrole.

Tradingsat.com : Sur quels secteurs et valeurs est-il selon vous opportun d’investir aujourd’hui ?

Stéphane Furet : Nous continuons d’apprécier ce que l’on appelle la « numérisation de l’économie », assez décorrélée du cycle économique, avec des valeurs de service telles que Capgemini ou Altran. Ce sont des sociétés très internationales, avec un potentiel de redressement des marges, et qui sont raisonnablement valorisées. Parmi les petits dossiers de la cote, nous restons positifs sur Solution 30, qui aborde en 2015 une année charnière avec le contrat de renouvellement des compteurs avec ERDF, qui représenterait plus de quatre années de chiffre d’affaires. En fond de portefeuille, également le spécialiste des solutions de paiements Ingenico. Nous privilégions aussi le secteur automobile, que ce soit les constructeurs – nous préférons Renault à Peugeot – ou les équipementiers. Nous sommes positionnés sur Valeo, Plastic Omnium, mais le dossier qui nous intéresse le plus est Faurecia, pour lequel nous anticipons une forte remontée des marges avec une revalorisation boursière pas achevée. Enfin, dans la Santé, Sanofi offre un profil de risque, croissance et valorisation raisonnable.

Tradingsat.com : Que préconisez-vous d’éviter à l’inverse ?

Stéphane Furet : Les utilities, comme Veolia ou Suez Environnement. Nous n’en avons plus. Nous estimons que le rush sur les valeurs de rendement, notamment les télécoms, est déjà bien valorisé. Les taux d’intérêt, les taux souverains, devraient rester bas, donc nous privilégions davantage aujourd’hui les valeurs cycliques. Raison pour laquelle nous nous sommes repositionnés récemment sur les valeurs de chimie, comme Arkema et Solvay, qui devraient de surcroît profiter de la baisse du pétrole.

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