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Wall street frustrée par les progrès de general motors

Wall street frustrée par les progrès de general motorsWall street frustrée par les progrès de general motors

par Ben Klayman

DETROIT (Reuters) - De nombreux analystes financiers recommandent d'acheter l'action General Motors, qui devrait bénéficier du renouvellement de la majeure partie de la gamme du constructeur automobile d'ici un an, mais GM n'en constitue pas moins un motif de frustration pour Wall Street.

Sauvé de la faillite par Washington en 2009 pour 50 milliards de dollars (38,4 milliards d'euros), le groupe souffre du désordre qui règne au sein de ses activités européennes, des craintes d'un ralentissement du marché chinois et du handicap que constitue pour beaucoup la présence de l'Etat à son capital.

Certains investisseurs aimeraient aussi voir le directeur général, Dan Akerson, améliorer ses relations avec les actionnaires et accélérer le changement de culture de l'entreprise, réputée pour sa rigidité.

Certes, l'action GM a gagné 21,3% depuis le début de l'année alors que l'indice Standard & Poor's 500 n'a progressé que de 14% sur la même période. Mais le titre, à 24,59 dollars en clôture vendredi soir, est encore loin de son prix de réintroduction en Bourse en 2010, fixé alors à 33 dollars.

"Les gens pensaient que cette nouvelle entreprise aurait une nouvelle énergie, un nouvel élan, mais on ne ressent ni l'un ni l'autre", estime Itay Michaeli, analyste de Citi, qui recommande néanmoins GM à l'achat, jugeant le titre sous-évalué.

La culture d'entreprise du groupe, marquée par l'arrogance et l'isolement, constitue un handicap supplémentaire aux yeux de certains investisseurs.

Des salariés ou ex-salariés de GM évoquent un encadrement trop nombreux et une bureaucratie trop lourde, une volonté de changement insuffisante, expliquant que GM semble être resté bloqué à l'époque où il dominait le marché automobile mondial.

La plupart des actionnaires estiment que le cours de GM profiterait d'une sortie de l'Etat du capital et certains investisseurs disent qu'il n'achèteront pas la valeur tant que le Trésor sera actionnaire.

GM et Dan Akerson conservent le soutien du Trésor américain, qui gère la participation d'environ 26% de l'Etat au capital du groupe, assurent des sources proches de l'administration Obama qui refusent d'être identifiées.

Le président américain s'étant régulièrement vanté d'avoir sauvé GM il y a trois ans, cette position n'est guère surprenante. Mais elle pourrait évoluer après le scrutin présidentiel du 6 novembre.

QUE FAIRE D'OPEL ?

A Wall Street, les avis sont partagés. David Einhorn, un gérant de "hedge funds" réputé pour la rentabilité de ses investissements, a estimé récemment que GM pourrait battre ses propres prévisions de croissance grâce à ses nouveaux modèles.

Le groupe doit en effet renouveler ou rajeunir plus de 70% de sa gamme aux Etats-Unis d'ici la fin 2013. A elles seules, les nouvelles versions des pick-up Chevrolet Silverado et GMC Sierra pourraient générer un milliard de dollars de bénéfice d'exploitation sur 2013-2014 selon Itay Michaeli, de Citi. Un chiffre à comparer au résultat record de 7,6 milliards réalisé l'an dernier par le groupe.

D'autres craignent en revanche l'impact des difficultés de GM en Europe et s'interrogent sur la pérennité de son succès en Chine, où il est leader en terme de parts de marché.

Le mois dernier, Adam Jonas, analyste de Morgan Stanley qui a un conseil de "surpondérer" sur la valeur, a suggéré à GM de vendre sa filiale européenne Opel, estimant qu'un tel désengagement pourrait doper son cours de Bourse de plus de 50%.

La plupart des analystes pensent que le groupe devra fermer une ou deux usines en Europe, où il perd de l'argent sans interruption depuis 12 ans.

Mais GM réaffirme régulièrement qu'Opel est indispensable à sa réussite globale et qu'il ne le vendra pas.

Des analystes et banquiers jugent aussi que GM n'a pas assez clairement expliqué la logique de son alliance avec PSA Peugeot Citroën, au capital duquel il a investi 423 millions de dollars. Certains spéculent même sur la pérennité de cette alliance.

Pour les analystes, GM communique mieux avec Wall Street qu'avant son sauvetage mais les choses pourraient encore s'améliorer, notamment en laissant Dan Akerson s'exprimer davantage en dehors des traditionnelles conférences trimestrielles de présentation des résultats.

"Je crois qu'ils vont devoir se montrer un peu plus clairs sur certains de leurs projets au cours des mois et des années à venir", résume Colin Langan, analyste d'UBS.

Pour Brian Sponheimer, de Gabelli & Co, "l'entreprise va dans la bonne direction mais (...) ils ont encore beaucoup de pain sur la planche."

Marc Angrand pour le service français

Copyright © 2012 Thomson Reuters


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