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La pme allemande qui profite des émergents

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(CercleFinance.com) - Dürr, une PME allemande spécialisée dans les systèmes de production pour l'automobile, est souvent considéré comme l'un des 'chouchoux' des gérants de fonds européens à l'heure actuelle. Cercle Finance a profité d'un 'roadshow' de la société aux Etats-Unis pour adresser quelques questions à son directeur financier, Ralph Heuwing.

Cercle Finance: Quelle est la réaction des investisseurs américains à vos récentes présentations?

Ralph Heuwing: Nous nous sommes pour l'instant rendus à New York, Boston et Chicago et pour tout dire, l'accueil des investisseurs a été excellent et notre emploi du temps très chargé. Environ 15% de notre capital est détenu par des investisseurs basés aux Etats-Unis et on peut dire qu'ils apprécient la thèse d'investissement que nous incarnons, à savoir une société d'ingénierie allemande fortement implantée dans les pays émergents. Les investisseurs américains ont une approche très différente de leurs homologues européens. Ils s'intéressent avant tout à notre stratégie, à nos avantages concurrentiels et à nos perspectives de long terme.

CF: Quels sont vos moteurs de croissance à l'heure actuelle?

RH: On peut considérer qu'ils sont au nombre de deux. D'abord, nous avons su nous concentrer sur la forte croissance issue des marchés émergents. Aujourd'hui, plus de 60% de notre chiffre d'affaires provient des pays émergents, dont 30% pour la Chine. Depuis 2005, nous avons fortement accru nos capacités dans la zone émergente, qui représente désormais 32% de nos effectifs contre 14% il y a moins de sept ans. Aucun de nos concurrents ne bénéficie d'un tel positionnement. Cela nous semble fondamental, car en 2011, la production automobile dans les pays émergents a dépassé pour la première fois de l'histoire celle des pays développés. Grâce aux investissements importants consentis par les constructeurs, cette croissance devrait encore s'accélérer. Le deuxième moteur de notre croissance provient d'un effet de rattrapage. Beaucoup d'investissements gelés lors de la crise financière de 2008/2009 n'ont été débloqués que récemment.

CF: Les coûts d'un site de production automobile proviennent aux deux-tiers de l'électricité. Ressentez-vous, de la part des clients, un besoin impérieux de réduire la facture énergétique?

RH: La mesure des coûts énergétiques - et plus globalement du coût unitaire de production - est devenue un facteur clé de différenciation de notre offre.Nous concentrons tous nos efforts en matière de R&D à la réduction des coûts de l'ensemble du cycle de vie. A l'heure actuelle, l'énergie représente à elle seule près de 8% des coûts de peinture, le processus le plus gourmand en électricité de toute la chaîne de production automobile. Grâce à nos dernières technologies, nous sommes en mesure d'alléger ces coûts de l'ordre de 50%. L'une de nos branches d'activité, Clean Technology Systems, s'est même entièrement dédiée à l'optimisation énergétique. Nous voulons nous positionner en tant que leader du secteur.

CF: Vous avez constamment revu à la hausse vos objectifs financiers l'an dernier. A l'issue du premier trimestre, vous avez décidé de maintenir vos prévisions annuelles inchangées. Cela est-il dû aux difficultés économiques rencontrées par l'Europe?

RH: Nous ne sommes pas exposés de manière significative au ralentissement de la demande en Europe de l'Ouest. Les marchés européens - hors Allemagne - représentent à peine 10% de nos prises de commandes. Parallèlement, l'activité en Allemagne, où nous générons entre 15% et 20% de notre chiffre d'affaires total, se porte bien. Même en France et en Espagne, où nous avons réussi à remporter des contrats dernièrement, nos performances se sont avérées solides. Après un solide 1er trimestre, nos prévisions pour 2012 peuvent effectivement paraître prudentes. Nous procéderons à un passage en revue de l'activité à la fin du 2ème trimestre et relèverons éventuellement nos perspectives si cela se justifie.

CF: Vous investissez fortement dans de nouvelles capacités de production, notamment dans les BRIC. Ce développement ne se fait-il pas aux dépends de vos tarifs et donc de vos marges?

RH: Cela aurait pu être le cas il y a quelques années, mais la tendance est très différente aujourd'hui. Les ateliers de peinture les plus modernes et les plus performants en matière d'émission se trouvent aujourd'hui en Chine. Les entreprises chinoises veulent à tout prix bénéficier des dernières technologies disponibles. Inversement, beaucoup de sociétés basées en Inde ou en Chine préfèrent opter pour des appareils développés et fabriqués localement. Paradoxalement, ces équipements se retrouvent parfois repris par des sociétés européennes désireuses d'utiliser des solutions d'entrée de gamme. Le plus important, c'est que nos marges ne sont pas moins élevées dans les pays émergents. Notre solide positionnement au niveau local, notre faculté d'implantation et notre taux élevé d'utilisation des capacités nous permettent de bénéficier d'un relatif avantage en termes de coûts.

CF: Vous n'êtres pas très coutumiers des opérations de fusions-acquisitions (M&A). Cela pourrait-il changer à l'avenir?

RH: Nous bénéficions de parts de marché élevées, comprises entre 35% et 60%, dans tous nos domaines d'activité. Chercher à faire l'acquisition de parts de marché n'aurait pas de sens selon nous. Nous préférons mettre la main sur des technologies que nous n'avons pas pu développer en propre. Au cours des trois dernières années, nous avons racheté plusieurs petites sociétés dans l'objectif de renforcer notre portefeuille de produits et notre propriété intellectuelle. Nous déployons ensuite leur savoir-faire à l'échelle internationale. C'est que ce l'on appelle une stratégie de 'buy-and-build' (consolidation d'industrie). La dernière-née de nos branches d'activité, baptisée Clean Technology Systems, compte à ce titre réaliser quelques acquisitions dans un futur proche. Notre budget prévoit d'ores et déjà une enveloppe de 10 à 20 millions d'euros par an.

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