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Adrian Paturle et Philip Hall : Réflexions sur la situation actuelle

Adrian Paturle et Philip HallAdrian Paturle et Philip Hall
Adrian Paturle et Philip Hall

Directeur Général et Président d’Axiom Alternative Investments

Adrian Paturle, Directeur Général d’Axiom Alternative Investments. Marié, 3 enfants Il a débuté sa carrière chez Carrefour Chine en 1996 au poste de Responsable Achat. Il poursuit sa carrière à la Banque du Louvre en tant qu’Assistant de gestion financière avant de rejoindre en …Lire la suite

(Tradingsat.com) - Plutôt que d'écrire une longue note, nous vous proposons quelques points de réflexions et d'explications sur la situation actuelle ainsi qu'une analyse de notre processus de gestion pendant ces crises.

• Tout d'abord, nous approchons du centre du cyclone : la stratégie "extend and pretend" de l'Eurozone arrive à ses limites. La présentation du plan "français" a montré que le marché n'était pas très friand de solutions demandant une participation du secteur privé surtout si elles impliquaient un défaut pour les agences (ou l'ISDA). Les menaces sur l'Italie imposent maintenant de trouver des solutions globales et de ne pas se contenter de colmater les brèches. Laisser tomber l'Italie, pays fondateur de l'Union et signataire du Traité de Rome, n'est pas une option.

• Les solutions sont toujours les mêmes, elles sont connues : monétisation des dettes par la politique monétaire, avec programme de rachat massif (si la Banque Centrale Européenne devait racheter un montant équivalent au programme de rachat de dette par la Banque d'Angleterre le montant global serait de 1200mds...), Eurobonds et rachats massifs dans le marché financé par des fonds de l'Eurozone. Le problème n'est pas de trouver une solution, c'est de la faire accepter par les allemands, qui ont la mémoire courte puisqu'ils sont de loin ceux qui ont le plus profité de l'Euro en empêchant leurs voisins de pratiquer une dévaluation compétitive. Ce que les allemands accepteront c'est une politique budgétaire européenne renforcée, un pacte de stabilité crédible, des sanctions sans doute automatiques en cas de dépassement des ratios, un pouvoir de surveillance, de contrôle et de sanction renforcé pour la Commission, et des règles d'assainissement des finances publiques inscrites dans les traités (par exemple affectation automatique des excédents budgétaires au désendettement). Pour cela, Nicolas Sarkozy devra revenir sur l'accord de Deauville et accepter ce compromis raisonnable.

• Dans le contexte de volatilité actuel, la bonne nouvelle est donc que les dirigeants européens vont être obligés de fournir une réponse globale. Le communiqué laconique d'hier soir montre qu'ils ont été pris de court, pas qu'ils ne sont pas prêts à agir.

Dans cette période agitée, le fonds Axiom Obligataire reste résilient puisqu'il abandonne seulement 0,82% entre le 8 juillet et le 11 juillet alors que l'indice Iboxx Tier 1 perd 1,60% sur la même période Nous essayons d'anticiper les "hoquets" de la crise des souverains : ils sont à chaque fois liés au calendrier des importants décaissements du FMI et à la conditionnalité de ces décaissements. Ceux-ci donnent lieu à des négociations sur les programmes d'ajustement (jamais parfaitement remplis, naturellement), à des batailles de petites phrases qui font à chaque fois tousser les marchés et qui illustrent les dissensions profondes qui existent encore entre l'Allemagne et les autres grands pays européens.

Pour gérer cette situation, nous disposons de trois volants principaux :

• Arbitrage entre Tier 1 et Tier 2, les deux marchés ne réagissant pas de la même façon ;

• Arbitrage entre grandes banques systémiques et noms plus spécialisés. Parmi la liste des valeurs que nous suivons, figurent des banques très spécialisées dont les titres évoluent plus au fil des évolutions réglementaires voire juridiques qu'en fonction des mouvements macro. A ce jour, le fonds est très investi dans ces noms-là.

• Arbitrage géographique. Le fonds est actuellement très peu investi sur du risque financier dans les PIGS (Italie 5%, Portugal 1%, Espagne 0%, Grèce 0%) et se concentre sur les émetteurs localisés dans les pays Core (AAA). Nous optimisons également notre cash en fonction de la situation et le cash du fonds est aujourd'hui à son plus haut historique.

La collecte importante récente témoigne de la confiance de nos clients et démontre que la classe d'actifs n'est pas du tout délaissée, les investisseurs comprenant que les enjeux réglementaires (Bâle III) et l'assainissement colossal du bilan des banques depuis 2007 finiront par l'emporter et permettront une revalorisation importante des titres.

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