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N. Maïquès, B. Faure-Jarrosson, P. Arkwright et L. Bazy : Où vont les valeurs vertes ?

N. Maïquès, B. Faure-Jarrosson, P. Arkwright et L. BazyN. Maïquès, B. Faure-Jarrosson, P. Arkwright et L. Bazy
N. Maïquès, B. Faure-Jarrosson, P. Arkwright et L. Bazy

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(Tradingsat.com) - Ces trois dernières années n’auront pas été faciles pour les acteurs des énergies renouvelables en France. Crise économique et contexte réglementaire instable auront mis en difficulté de nombreuses entreprises. Pourtant, dans le contexte post-Fukushima et avec l’interdiction de l’exploitation des gaz de schistes, ces énergies sont nécessaires à la diversification des sources d’approvisionnement.

Les secteurs éoliens et photovoltaïques ont particulièrement été pénalisés. Ce sont principalement les exploitants d’installations qui ont su tirer leur épingle du jeu pendant cette période, tandis que les installateurs et les fabricants ont souffert et ont pour partie fini par faire faillite. À mesure que la situation s’est durcie (allongement de la durée de construction des parcs éoliens et baisse des tarifs des nouveaux parcs solaires), les actifs existants ont gagné en valeur.

Cette prime aux installations existantes a fait des sociétés les détenants des cibles. La vague de consolidation boursière a commencé dès 2011, avec le rachat d’EDF EN par sa maison mère EDF. La consolidation s’est poursuivie avec le rachat d’Aerowatt par JMB Energie en 2012, puis par le rachat début 2013 de la société allemande Breeze Two Energy par Theolia et tout récemment par l’offre de Macquarie sur Theolia. Le secteur coté français s’est ainsi réduit ne laissant plus qu’une poignée d’acteurs indépendants des grands énergéticiens (Albioma, Vergnet, Voltalia...). À l’échelle européenne aussi, la consolidation s’est faite du côté des exploitants (Iberdrola et sa filiale Iberdrola Renovables...), tandis que les fabricants périclitaient (faillite du leader allemand Q-Cells en 2012 avant sa reprise par Hanwha, un concurrent sud-coréen, Vestas a connu des pertes significatives en 2012...).

Cependant cette recomposition du secteur était nécessaire. Il était inévitable que la réglementation devienne moins favorable, même si la brutalité du processus a été renforcée par la crise. Cela a contraint les entreprises à se concentrer sur l’efficacité opérationnelle et non plus sur l’optimisation des tarifs réglementés et autres incitations données à leur secteur. Le processus de fusion a permis la création de groupes indépendants ayant une taille critique. Les sociétés qui se sont adossées à de grands groupes ont maintenant l’aisance financière nécessaire à la poursuite de leur développement.

Nous pensons que les installations vont connaître un point bas en 2013 en France, que ce soit dans l’éolien onshore ou le photovoltaïque. Celles-ci pourraient redémarrer dès 2014 si les conditions s’améliorent. Il est essentiel pour cela que la réglementation se stabilise, car il ne faut pas s’y tromper, même si les entreprises sont devenues plus compétitives, la réglementation exerce encore une très grande influence sur l’ensemble du secteur.

De même, la piste de la création d’un super acteur européen des énergies renouvelables (alliant français et allemands, à la manière d’un Airbus), évoqué par le nouveau ministre Philippe Martin, est intéressante. L’industrie européenne possède en effet les atouts nécessaires pour créer un acteur innovant et à la pointe de la technologie, capable de garder une avance sur ses concurrents, qu’ils soient américains (aux technologies tout aussi innovantes) ou chinois (aux coûts de fabrication hyper-compétitifs). Dans un contexte où l’Union Européenne se met enfin à défendre ses fabricants dans les énergies renouvelables (même si les mesures prises contre le dumping chinois en matière de panneaux solaires sont quelques peu décevantes), on peut espérer que cette idée ne restera pas lettre morte.

Par ailleurs, nous voyons trois nouvelles filières émerger : éolien offshore, biomasse et énergies marines. Nous pensons que celles-ci vont permettre de consolider les énergies renouvelables et confirmer qu’il s’agit d’une filière industrielle porteuse d’avenir.

Dans l’éolien offshore, des intervenants de grosse taille se sont positionnés (Alstom, Areva, EDF EN, GDF Suez, etc.) et devraient permettre à une filière française de se structurer dans les années à venir. Ces groupes devraient être capables de tirer partie de ce relais de croissance, faisant de l’éolien offshore une nouvelle corde à leur arc.

Dans la biomasse, de nombreux petits acteurs ont émergé pour rattraper le retard pris sur l’Allemagne qui a déjà 6,7GW installés. La consolidation de cette nouvelle filière devrait être rapide avec à nouveau un adossement à des groupes de plus grande taille (rachat de Methaneo par Albioma en 2012) ou par fusion entre sociétés de plus petite taille pour atteindre encore une fois la taille critique. On peut même penser que des introductions en bourse dans ce domaine soient possibles.

Finalement, les énergies marines vont être porteuses d’innovations technologiques majeures, avec ici aussi de grands groupes qui se sont positionnés sur les hydroliennes (DCNS a racheté Open Hydro, GDF Suez collabore avec Voith Hydro), mais aussi sur l’énergie houlomotrice (EDF a signé un accord avec Renewable Energy Holding).

La question est donc de savoir comment se positionner sur le secteur. Les fabricants restent confrontés à une forte concurrence ainsi qu’à une demande en berne, comme l’ont montré les résultats semestriels d’Areva (dont le business groupe énergies renouvelables a souffert au S1 et ne devrait pas redémarrer dans l’immédiat) ou d’Alstom (dont les performances dans les énergies renouvelables sont tirées par l’hydraulique). Pour l’instant les énergies renouvelables ne font pas office de catalyseurs pour cette catégorie de sociétés, mais avec l’éolien offshore, cela pourrait être amené à changer.

En revanche, les grands énergéticiens continuent à profiter des actifs qu’ils ont développé ou acquis et constituent à ce titre de meilleurs véhicules du secteur, surtout maintenant qu’il ne reste presque plus de pure players indépendants, ces derniers constituant toujours des cibles intéressantes.

Louis Bazy, CFA, analyste cleantech

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