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Xavier d'Ornellas et Emmanuel Auboyneau : Le temps des paradoxes

Xavier d'Ornellas et Emmanuel AuboyneauXavier d'Ornellas et Emmanuel Auboyneau
Xavier d'Ornellas et Emmanuel Auboyneau

Gérants Associés d'Amplégest Xavier d’Ornellas, Gérant Associé, est Responsable du Pôle Flexible d’Amplégest. Diplômé de l’ISG (Institut Supérieur de Gestion) et de la SFAF (Société Française des Analystes Financiers), il a débuté sa carrière en tant que gérant privé au sein de l’Union de Banques à …Lire la suite

(Tradingsat.com) - En ce début de quatrième trimestre un certain nombre de constats peuvent être établis à propos de l’économie mondiale :

La croissance dans le monde est en hausse. Selon notre analyse, elle devrait accélérer aux Etats-Unis dans les prochains trimestres. En Europe, le pire est derrière nous avec une économie qui repart légèrement et des réformes qui commencent à porter leurs fruits, particulièrement dans les pays périphériques. Les indices PMI récemment publiés augurent d’une accélération progressive de la croissance dans la zone. Le Japon est toujours dans une dynamique positive, porté par la politique expansionniste du premier ministre. Enfin les pays émergents sont dans une phase de légère décélération économique, même si les situations sont disparates selon les pays. La Chine semble se stabiliser autour d’une croissance du PIB d’environ 7,5%. Cette reprise mondiale se fait dans un contexte toujours désinflationniste en dépit des injections de liquidités aux Etats-Unis et au Japon. Par ailleurs le sujet des déficits et de la dette reste brûlant mais des signes d’amélioration apparaissent grâce à la croissance et aux réformes dans beaucoup de pays.

Le tableau est donc plutôt encourageant et les perspectives devraient, selon nous, continuer à s’améliorer dans les mois à venir. Les cycles économiques sont des tendances puissantes qui, une fois enclenchées, continuent leur route en dépit des aléas du court terme.

Cette amélioration économique devrait toutefois s’accompagner de politiques monétaires progressivement moins accommodantes. Tous les regards sont tournés vers la Federal Reserve dont les décisions impactent fortement l’ensemble des actifs économiques et financiers dans le monde (devises, taux, actions). L’évolution récente des taux longs aux USA est, à ce titre, très révélatrice : forte hausse au moment des déclarations de Ben Bernanke indiquant qu’il envisageait de réduire ses injections monétaires. Le taux 10 ans US est passé de 1,5% à 3% en quelques mois. Les taux dans les autres zones géographiques ont suivi, dans une moindre mesure, le mouvement. L’accélération en juin a provoqué un repli des bourses mondiales. Puis retour des taux à 2,6% lorsque, contre toute attente, la Fed a décidé de ne rien faire en septembre (avec son corollaire positif sur les actions). Le mandat de Ben Bernanke arrive bientôt à son terme. Son successeur (Janet Yellen part favorite) aura une forte pression et peu de temps pour convaincre les observateurs. Un changement brutal de cap du futur gouverneur semble peu probable mais la transition implique une période d’incertitudes propice aux débats entre partisans et opposants à la politique actuelle de la FED.

Autant une remontée des taux aux USA se justifie, compte tenu du cycle économique américain, autant en Europe elle aurait un impact très négatif sur les grands équilibres (l’augmentation du coût de la dette rendrait caduques les objectifs de réduction des déficits). Par conséquent nous considérons que la variable la plus importante à surveiller dans les prochains mois est l’évolution des taux longs aux USA. L’effet sur l’économie et sur les marchés financiers d’un taux américain 10 ans à 3% ou 3,25% sera supportable. Au-delà, les conséquences pourraient être plus néfastes. La chute des marchés en juin est un exemple concret de ce qui pourrait nous arriver. L’Europe, compte tenu de sa fragilité, et les pays émergents, caisses de résonnances immédiates des mouvements de liquidités dans le monde, en seraient les premières victimes. Le pari de la Federal Reserve sera donc de réussir à réduire très progressivement les injections de liquidités, sans déclencher une hausse violente des taux longs.

Aujourd’hui nous faisons face à une problématique compliquée dans notre gestion. Notre modèle interne d’analyse des cycles nous conduit à rester investis fortement sur les actions, particulièrement en Europe. Les critères techniques renforcent ce point de vue. Mais l’incertitude sur les taux, exposée plus haut nous incite à la vigilance. Le départ de Ben Bernanke, normalement en janvier 2014, créera l’incertitude. Cela nous laisse un peu de temps pour éventuellement nous ajuster afin de protéger les performances de nos portefeuilles. Soyons toutefois confiants sur la capacité de son successeur à gérer sereinement la transition.

Emmanuel Auboyneau - Gérant Associé

Xavier d’Ornellas - Gérant Associé - Pôle Gestion Flexible

Avec la participation de Jean-Michel Mourette, économiste

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