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Xavier Gandrille : Des politiques monétaires et budgétaires plus accommodantes

Xavier GandrilleXavier Gandrille
Xavier Gandrille

Stratégiste économiste Stratégiste et économiste indépendant, Xavier Gandrille est un adepte de l’approche dite « top down » qui part de l’élaboration d’un scénario macroéconomique pour mettre en place une stratégie d'investissement. L’évaluation du contexte économique général – évolution de la …Lire la suite

(Tradingsat.com) - Alors que les marchés ont retrouvé du tonus depuis l’été dernier et, singulièrement depuis la mi-novembre, les avis divergent sur la pérennité de l’inclinaison à davantage de risque de la part des investisseurs. Les pessimistes considèrent que les interventions des Banques Centrales et les gesticulations des politiques ne peuvent défier la loi de la gravité qui établit qu’une crise du surendettement doit se résoudre par une déprime durable de l’activité. De même estiment-ils que les excès et erreurs (prodigalité des Etats, manipulation des monnaies, bulles en tout genre) doivent être corrigés quelles que soient l’intensité et la durée des conséquences. On peut discuter de la pertinence philosophique de ce point de vue. Sur un plan pratique, il ignore les progrès de la science économique qui, comme la médecine, préconise des remèdes analgésiques simultanément au traitement des causes qui ont plongé l’économie mondiale dans la crise. En clair, le temps offert par les Banques Centrales est utilisé à améliorer la productivité des économies (politiques de l’offre), ce qui est plus facile sous sédatif. Pour filer la métaphore jusqu’au bout, on sait qu’il n’est pas de traitement sans effet indésirable, mais cela ne condamne pas de facto leur existence, ni leur administration, mais nécessite une vigilance rigoureuse.

S’agissant de la crise économique que nous traversons, la pharmacopée est pauvre puisque tous les agents économiques sont peu ou prou dans l’incapacité de tracer la voie vers la prospérité. Les seuls acteurs qui disposent de moyens illimités sont les Banques Centrales qui, de surcroît, n’ont pas le souci de l’équilibre de leur compte d’exploitation. Or, nous observons un activisme de leur part, via des injections de liquidités et l’affirmation d’objectifs macroéconomiques bien identifiés, qui donne une grande visibilité aux marchés sur la durabilité de leurs interventions. Celle-ci permet de réduire grandement le prix du risque exigé par les investisseurs, ce qui aboutit à faire baisser le coût du capital pour l’ensemble de l’économie. Le deuxième levier à la disposition des gouvernants pour sortir de la crise est leur politique budgétaire. Malheureusement, il est largement émoussé, faute de discipline suffisante en période de croissance. Pour autant, la science économique condamne son utilisation à contretemps quand le cycle se retourne. De plus, grâce aux travaux récents du FMI, le monde, qui observe, in vivo dans la zone euro, les dégâts causés par trop d’austérité budgétaire, tient une explication documentée de la façon dont il faut éviter de manier l’arme budgétaire. C’est en se saisissant de ces conclusions que l’Europe a d’ores et déjà accordé des délais à la Grèce, au Portugal et à l’Espagne pour atteindre leurs objectifs de réduction des déficits publics. Nous pensons que la contamination à l’Allemagne de la récession qui sévit chez ses clients, sans parler de l’impasse dans laquelle la France va se trouver en 2013, faute d’enregistrer la croissance qui a servi d’hypothèse à l’élaboration de la loi de finance 2013, vont conduire à desserrer l’étau qui étreint l’économie de la zone.

Au plan mondial, des politiques monétaires durablement accommodantes et des falaises fiscales moins abruptes sont bien évidemment de nature à encourager l’optimisme des investisseurs. En effet, les agents économiques de la sphère privée qui constatent que le coût du capital est bas, et qui va le rester à un horizon prévisible, que leur richesse a évolué favorablement (résultats pour les entreprises et actifs mobiliers et immobiliers pour les ménages), que le désendettement est bien enclenché, que les banques sont plus solides, doivent pouvoir se projeter dans l’avenir et reprendre l’initiative. C’est peut-être le moment où, pour la première fois depuis que la crise a éclaté, la hausse de l’épargne publique et de l’épargne privée vont cesser de s’additionner au détriment de la croissance.

A court terme, des obstacles demeurent, avec la décroissance embarquée dans la zone euro, dans l’attente de la correction concertée de la trajectoire des comptes publics, et les discussions autour de la falaise fiscale américaine. Celle-ci, quelle qu’en soit l’ampleur, fera payer un tribut significatif à la croissance au cours des tout prochains mois. Néanmoins, l’investissement en actions est toujours une prise de risque qui n’est plus rémunératrice quand il devient trop évident que ce dernier recule. C’est la raison pour laquelle, on constate empiriquement que les actions montent environ six mois en amont d’une inflexion du rythme d’activité. Si on situe celle-ci au milieu de l’année prochaine, nous sommes dans la fenêtre de tir. Les marchés ont déjà progressé depuis quelques mois, ce qui reflète leur impatience et vient de ce que les mauvaises nouvelles sont archi-débattues et ne peuvent plus prendre personne au dépourvu. Cela n’entame pas complètement les espérances de gains dans la mesure où il n’est pas nécessaire que le paysage s’améliore pour nourrir la hausse. Il suffit qu’il ne se détériore plus. Or, on pourrait enregistrer des bonnes surprises dans les principales zones à propos desquelles des craintes inhibent encore les investisseurs : Etats-Unis, Europe et Chine. Le potentiel des marchés, à l’horizon d’un trimestre, peut être évalué à 20%.

Xavier Gandrille, directeur de la stratégie - Amplégest

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