Bourse > Actualités > Avis d'expert > Avant la FED : Plus que les taux, la crédibilité au cœur des comités monétaires

Avant la FED : Plus que les taux, la crédibilité au cœur des comités monétaires

Jérôme RevillierJérôme Revillier
Jérôme Revillier

Directeur d'Alternative Capital Investments Jérôme Revillier est directeur de la société Alternative Capital Investments spécialisé dans la gestion de fonds sur les marchés dérivés (Matières premières, devises et Indices). Après avoir collaboré avec plusieurs Hedge Fund , il se lance un nouveau défi en fondant l’académie …Lire la suite

Le manège des banques centrales

La semaine dernière, la banque du Canada (BoC) et la banque de Nouvelle-Zélande (RBNZ) ont dévoilé leur décision de politique monétaire.

La BoC a maintenu ses taux à 0,50%, un niveau historiquement bas, principalement motivé par l’impact de la baisse des matières premières dont le pays est producteur. Les statistiques restent médiocres au Canada avec un taux de chômage en hausse à 7% le mois dernier.

La Banque centrale de Nouvelle-Zélande n’est pas en reste avec, la semaine passée, une baisse de 0,25% de son taux directeur. Le dollar Néo-zélandais est d’ailleurs à son plus bas niveau depuis juin 2009 face au billet vert. Le pays, lui aussi très lié aux matières premières et surtout à l’activité chinoise qui montre des signes de ralentissement (Si vous n’êtes pas au courant, c’est vraiment que vous le faites exprès !).

Puis, est venue celle que l’on attendait avec impatience comme une antichambre de la FED, la banque d’Angleterre (BoE) a maintenu ses taux mais n’a pas assoupli son message. Dans la semaine plusieurs membres ont d’ailleurs plaidé pour une remontée des taux « plutôt tôt que tard » (sooner rather than later).

La livre sterling, la devise la plus solide depuis le début de l’année avec le billet vert a, malgré ces déclarations, corrigé assez nettement.

FED : Quand la hausse de taux n’est plus le sujet

Enfin, c'est aujourd'hui que se tiendra le FOMC qui devra nous permettre de savoir si une hausse de taux aura lieu en septembre … mais les marchés s’en moquent.

La question de la hausse de taux n’est plus le véritable sujet, et Janet Yellen le sait bien. C’est sa crédibilité qui est sous les feux de la rampe et c’est pour cela qu’elle devra monter ses taux avant la fin 2015 en septembre ou en décembre.

Car si la FED devait perdre sa crédibilité au moins dans sa rhétorique (quoi d’autres ? …), le choc sur les marchés sera bien plus important encore.

Mais surtout nous allons à nouveau entendre parler des « Forward Guidance », ce chemin que toute banque centrale se doit de tracer pour éclairer la voie des marchés au risque de les plonger dans un noir synonyme de volatilité voir de crash.

BCE : Japonisation en cours …

Les chiffres sont tombés mercredi matin, l’inflation en zone euro est à 0,1% ! En dessous des attentes déjà peu ambitieuses de 0,2%. La faute au pétrole me direz-vous ? Et bien pas tant que ça …

Hors énergie, l’inflation n’est que de 0,9%.

La BCE, par la voix de son gouverneur Mario Draghi a fait savoir au marché que tout serait mis en œuvre pour revoir une inflation plus correcte. Comprenez que le quantitative easing (programme de rachats d'actifs) n’est pas près de s’arrêter. La banque centrale a d’ailleurs étendu la classe d’actifs pouvant être éligible afin d’assurer la liquidité de ses opérations.

Cette démarche nous fait sérieusement penser à un autre pays englué dans la déflation : Le Japon. Malgré un plan d’un rythme annuel de 80 000 milliards de yens, la BoJ ne parvient toujours pas à ramener l’inflation ni à doper la consommation intérieure.

Ce mardi, le comité monétaire n’a pas assoupli davantage sa politique, sans doute en grande partie en raison de la proximité de la réunion de la FED très attendue qui devrait amener pas mal de volatilité.

Le consensus s’attend tout de même à voir de nouvelles mesures votées car la prévision d’inflation à 2% mi-2016 maintenue par le gouverneur semble hors de portée. A titre d’information, l’inflation japonaise est ressortie à +0,2 en rythme annuel en juillet 2015… bien loin du compte.

Un point commun : Une croissance faible

Mais le challenge majeur de toutes ces banques centrales à des niveaux différents de leur cycle monétaire est de jongler entre politique accommodante et croissance faible.

En effet, la croissance européenne est à l’arrêt et les relais attendus dans les zones émergentes sont en panne. Le Brésil, par exemple, a vu sa dette dégradée dans la classe spéculative alors que l’Inde se replie sur elle-même. Les inquiétudes sur la Chine ne font que renforcer ce contexte de croissance basse.

Et les gesticulations des banques centrales n’y pourront pas grand-chose, la guerre des devises qu’elles se livrent est un jeu à somme nulle où le gâteau à se partager est de plus en plus petit.

Le seul véritable pouvoir des banques centrales est de maintenir l’ingrédient le plus fondamental aux marchés financiers : la confiance.

Espérons que Janet Yellen y parviendra !

Par Jérôme Revillier

Twitter : @eoletrading

Je donne mon avis

TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT L’APPLI
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez nos CGU et l'utilisation de cookies afin de réaliser des statistiques d'audiences et vous proposer une navigation optimale, la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux ainsi que des services et offres adaptés à vos centres d'intérêts.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies...