NEW YORK (Reuters) - Citigroup, la deuxième banque américaine, a poursuivi sa dégringolade boursière vendredi, malgré les efforts de son directeur général Vikram Pandit pour tenter de calmer les rumeurs qui courent sur le groupe en difficulté.
Vikram Pandit a déclaré au personnel vendredi que Citigroup n'avait pas l'intention de modifier son organisation et comptait bien conserver sa filiale de courtage Smith Barney, selon deux personnes qui l'ont écouté.
Il a également dit que la situation financière du groupe était solide et que les employés ne devaient pas se focaliser sur la chute du cours de Bourse, parce que ce n'est pas ce dont se préoccupent les agences de notation et autorités de régulation.
Dans l'après-midi à Wall Street, Citigroup, en baisse pour la cinquième séance d'affilée, perdait près de 30% à 3,31 dollars, son plus bas du jour. L'action valait encore 9,52 dollars il y a une semaine.
Le coût de protection contre un défaut de Citigroup sur sa dette était aussi en hausse, ce qui montre que les investisseurs obligataires estiment que le risque s'accroît.
"A ce stade, c'est de la peur panique", commente Gerard Cassidy, analyste bancaire chez RBC Capital Markets à Portland, Maine. "Les investisseurs ont déjà assisté à ce genre de film cette année et la fin est très désagréable".
Une personne au fait de la question a indiqué jeudi que Citigroup envisageait plusieurs solutions, dont la vente de certaines activités ou encore une fusion avec un autre groupe.
EFFET BOULE DE NEIGE ?
Certains craignent que les mauvaises nouvelles au sujet de Citigroup n'incitent certains clients ou certains partenaires commerciaux à fuir.
"Nous craignons que la défiance des investisseurs ne débouche sur la défiance des clients", écrit l'analyste de Barclays Capital, Jason Goldberg. "On a l'impression que le marché anticipe une intervention des autorités de régulation d'une manière ou d'une autre."
Au cours des trois derniers mois, de grands groupes bancaires comme Wachovia et Washington Mutual ont souffert de retraits de dépôts, alors que les pertes montaient sur les crédits immobiliers et l'autre dette.
Wachovia a dû se faire racheter par Wells Fargo, tandis que Washington Mutual déposait son bilan et que ses actifs étaient repris par JPMorgan Chase & Co.
En début de semaine, Pandit a annoncé son intention de supprimer 52.000 emplois d'ici 2009 sur les 352.000 du groupe.
Citigroup a aussi demandé à la Securities and Exchange Commission de rétablir l'interdiction temporaire des ventes à découvert sur les valeurs financières, a-t-on dit de source proche du dossier.
Jeudi, le prince saoudien Alwalid bin Talal a cherché lui aussi à rassurer les marchés en annonçant son intention de porter sa participation dans Citigroup à 5% en soulignant que l'action Citigroup était "complètement sous-évaluée".
La capitalisation boursière de Citigroup s'élevait à 25,7 milliards de dollars à la clôture de jeudi. En un mois, elle a fondu de 48,7 milliards de dollars.
La valeur boursière de jeudi est finalement à peine plus élevée que la somme de 25 milliards de dollars reçue par Citigroup dans le cadre du plan de sauvetage de 700 milliards de dollars du gouvernement. Citigroup a dit aussi avoir levé 50 milliards de dollars de capitaux auprès de divers autres investisseurs depuis la mi-2007.
Jonathan Stempel et Dan Wilchins, version française Danielle Rouquié
Copyright (C) 2007-2008 Reuters