par Jui Chakravorty Das et Kevin Krolicki
NEW YORK/DETROIT (Reuters) - General Motors et Cerberus Capital Management ont accéléré le rythme de leurs discussions sur les activités automobiles de Chrysler, qui pourraient aboutir à leur rachat par GM et à la montée de Cerberus dans GMAC, l'ex-filiale de services financiers de GM, apprend-on de sources proches des pourparlers.
GM est préoccupé par le risque de faillites coûteuses de certains fournisseurs en cas de rapprochement avec Chrysler et il a l'intention de demander le soutien de l'Etat fédéral, selon ces sources, qui ne sont pas autorisées à évoquer publiquement la teneur des discussions.
De son côté, Cerberus, le groupe de capital-investissement qui contrôle Chrysler, reste en discussions avec d'autres interlocuteurs, dont Nissan Motor, ont-elles poursuivi.
GM, Cerberus et Chrysler ont refusé de commenter ces informations.
Les discussions entre Cerberus et GM sont les plus avancées et elles impliquent désormais directement le directeur général adjoint de GM Fritz Henderson et plusieurs hauts dirigeants de Cerberus, selon les sources.
Le directeur général de Chrysler, Bob Nardelli, n'a pas été directement associé aux pourparlers mais il reste en contact étroit avec les négociateurs de Cerberus, ont-elles précisé.
Cerberus possède déjà 51% de GMAC et souhaite accroître sa participation, selon les sources. GM détient pour l'instant le solde de son ex-filiale de crédit. Cerberus souhaite aussi se séparer des activités purement automobiles de Chrysler, même s'il est probable qu'il conserve une participation importante dans un ensemble GM-Chrysler, expliquent les sources.
MENACE SUR LES FOURNISSEURS DE CHRYSLER
Des analystes et d'autres personnes proches du dossier estiment que 30% des fournisseurs actuels de Chrysler pourraient voir leur existence menacée si GM rachetait le groupe et mettait en oeuvre un plan de restructuration conduisant à l'arrêt de certains modèles.
Parallèlement, GM travaille à des solutions alternatives dans l'éventualité d'un échec des discussions avec Cerberus, soulignent les sources.
Parmi ces solutions de repli figure la possibilité d'approcher un autre investisseur potentiel et celle de demander l'aide de l'Etat fédéral américain, a précisé une personne proche des discussions.
GM a accumulé plus de 50 milliards de dollars de pertes au cours des trois dernières années et il devrait en subir 12 milliards supplémentaires l'an prochain, ses comptes ne semblant pas devoir sortir du rouge avant 2010.
Chrysler, lui, a été durement touché par la chute du marché américain, qui devrait être tombé en octobre à son plus bas niveau depuis 18 ans.
Le constructeur, dont l'allemand Daimler s'est séparé l'an dernier, a annoncé parallèlement son intention de réduire d'un quart ses effectifs de cadres et administratifs, soit environ 5.000 postes.
Un groupe formé par un rapprochement GM-Chrysler contrôlerait environ un tiers du marché américain des véhicules de tourisme, avec 11 marques différentes.
Version française Marc Angrand
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