par Jui Chakravorty et Kevin Krolicki
NEW YORK/DETROIT (Reuters) - General Motors fait circuler un programme détaillé de réduction des coûts chez Chrysler mais les premières tentatives pour rassembler les financements nécessaires au rachat de son concurrent ont échoué.
Et, selon plusieurs sources proches des discussions, l'opération n'aura pas lieu sans une aide de l'Etat fédéral américain.
Le directeur général délégué de GM, Fritz Henderson, ainsi que l'équipe menant les négociations avec Cerberus Capital Management , l'actionnaire majoritaire de Chrysler, se disent persuadés que le premier constructeur automobile pourra arriver à un accord lui permettant à la fois de mettre la main sur les meilleurs actifs du numéro trois américain du secteur et d'améliorer sa trésorerie, ont poursuivi ces sources.
Mais le rachat de Chrysler nécessite une certaine somme d'argent et, au vu des conditions des marchés du crédit, ce ne sera pas une mince affaire d'en trouver pour financer le rapprochement de deux entreprises qui ont perdu des milliards de dollars ces dernières années et qui engloutissent tous les mois des quantités non négligeables de cash.
Chrysler est endetté à hauteur de neuf milliards de dollars et, si la dette ne peut être refinancée dans le cadre d'un changement d'actionnaire de contrôle, il faudra qu'elle soit remboursée.
De son côté, General Motors, qui n'est déjà pas très riche, aurait, en cas de finalisation de la fusion, besoin de quatre à cinq milliards de dollars pour financer les 30.000 à 40.000 suppressions d'emplois qui seraient induites par le rapprochement entre les deux géants automobiles ainsi que la fermeture de la plupart des 14 usines d'assemblage de Chrysler.
L'ARGENT DE LA FED
Au cours de clôture de lundi - 6,53 dollars par action - la capitalisation boursière de General Motors ressort à quelque 3,7 milliards de dollars.
A la fin du deuxième trimestre, General Motors disposait de 21 milliards de dollars de liquidités, mais le groupe avait dit en même temps qu'il "brûlait" plus d'un milliard de cash par mois.
Début août, à l'occasion de l'annonce d'une perte trimestrielle de 15,5 milliards de dollars, General Motors s'était dit bien parti pour dégager 15 milliards de dollars au cours de l'année 2009, via des mesures de réductions des coûts, des ventes d'actifs et des nouvelles lignes de crédit.
Mais, selon les analystes financiers, la détérioration des marchés du crédit enregistrée depuis ces déclarations est susceptible de rendre plus difficile l'atteinte de cet objectif.
Une des motivations qui poussent General Motors à vouloir racheter Chrysler est le cash du constructeur - il s'élevait à quelque 11,7 milliards de dollars à fin juin - ont estimé les sources déjà citées.
Ceci dit, si GM échoue à remettre sur pied Chrysler, une partie de cet argent devra être consacrée au remboursement des créanciers du groupe.
Or, les investisseurs pour racheter d'éventuels actifs de Chrysler ne se bousculent guère au vu de l'effondrement de la demande aussi bien aux Etats-Unis qu'en Europe.
Enfin le syndicat UAW (United Workers Union), qui a déjà prêté 1,7 milliard de dollars à General Motors à un taux de 9%, n'est guère susceptible de financer une opération qui entraînerait la division par deux des effectifs de Chrysler.
Au bout du compte, ce qui sera déterminant dans le fait que le rapprochement se fasse ou non, c'est l'intervention de l'Etat, a dit un banquier.
"C'est comme dans le théâtre Kabuki (...) Tout le monde connaît déjà la fin : les parties devront faire appel à l'argent de la Fed", a dit une autre personne proche du dossier.
Version française Benoit Van Overstraeten
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