Plus Europe : La bancassurance évolue |
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La séparation d'Allianz et de Dresdner n'est que le dernier exemple d'un divorce entre deux acteurs majeurs de la banque et de l'assurance. Citigroup, American Express et Credit Suisse ont cédé leurs filiales d'assurances respectives ces dernières années.
Mais cela ne veut pas dire que la bancassurance est en train de disparaître. Les banquiers et les assureurs tentent juste de trouver le meilleur moyen de vendre ensemble des produits bancaires et d'assurance.
Après tout, la raison fondamentale poussant les banques à vendre des produits d'assurance et les assureurs à proposer des produits bancaires reste la même. En diversifiant leurs sources de revenus, ces groupes s'assurent des résultats plus stables, surtout si les clients aiment associer produits financiers et d'assurance pour se couvrir ainsi que leur famille et leurs biens.
Les banques ont toutefois du mal à gérer ces deux activités distinctes sous un même toit, comme ce qu'Allianz tente de faire avec Dresdner. L'allocation de capitaux et la gestion des risques requises pour faire tourner une banque de manière rentable ne sont pas vraiment compatibles avec les activités d'assurance.
Ce problème est dissimulé dans les marchés haussiers, aussi propices aux banques qu'aux assureurs. En revanche, lorsque le vent tourne, ce qui est inévitable en raison des excès du secteur bancaire, le pire n'est pas forcément épargné aux assureurs ayant des activités bancaires, comme l'ont découvert Allianz, Citigroup, et dans une moindre mesure, Fortis. Même lorsque les marchés sont stables plutôt qu'en baisse, les groupes diversifiés présents dans la banque et l'assurance se négocient avec une décote car les investisseurs, qui recherchent des rendements plus élevés, préfèrent les acteurs focalisés sur une seule activité.
Les alliances par lesquelles les fournisseurs de produits d'assurance se reposent en partie sur le réseau de distribution qui font la force des banques de détail pourraient devenir de plus en plus nombreuses à l'avenir. Il est en effet bien moins onéreux pour les assureurs de forger ce type d'alliance plutôt que de créer des produits d'assurance tout en possédant un réseau de banques.
Les rendements dans l'assurance sont moins cycliques que dans le secteur bancaire. Et compte tendu des conditions tendues sur les marchés du crédit actuellement, les capitaux réglementaires demandés par les activités d'assurance sont moins élevés que pour les banques.
Jusqu'à présent, deux modèles de bancassurance ont bien fonctionné. Les banques disposant d'agences d'assurance intégrées prédominent aux Etats-Unis. Wachovia et Wells Fargo réalisent ainsi plus de 10% de leur produit net bancaire grâce au courtage d'assurances.
Le second modèle est basé sur des relations stratégiques sans prise de participation, ou alors avec faibles participations. En Europe, BNP Paribas et l'assureur AXA ont de petites participations croisées. BNP Paribas vend des produits AXA en France et à l'étranger et les deux groupes vendent leurs produits de gestion d'actifs respectifs. AXA opère une activité bancaire en ligne de petite taille mais en expansion. Comme le suggèrent leurs solides résultats, il semblerait que les deux groupes soient parvenus à un bon équilibre.
Les ajustements dans ce type d'alliances pourraient être une condition clé du fonctionnement de la bancassurance dans l'avenir, un test auquel Allianz se retrouve confronté alors qu'il compte sur un groupe Commerbank élargi pour vendre ses produits. Mais une chose est claire, la bancassurance en tant que conglomérat est passée de mode.
-Arindam Nag, Dow Jones Newswires
(END) Dow Jones Newswires
September 04, 2008 06:12 ET (10:12 GMT)
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