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Adecco a des alternatives s'il échoue sur michael page

mercredi 27 août 2008 à 11h01
BFM Bourse

par Katie Reid

ZURICH (Reuters) - Adecco semble avoir peu d'atouts en main pour s'emparer de son concurrent britannique Michael Page mais il pourrait, en cas d'échec, se tourner rapidement vers d'autres proies.

Le groupe franco-suisse de travail temporaire et de recrutement, qui dispose d'un trésor de guerre de 1,4 milliard d'euros, cherche a renforcer sa position dans le domaine du recrutement spécialisé et permanent, qui génère de meilleures marges.

Mais Michael Page a déjà rejeté par deux fois une offre d'Adecco, exprimant son désir de rester indépendant.

"Nous pensons que l'écart entre le prix de 400 pence offert pour Michael Page et celui que nous jugeons nécessaire pour aboutir à une offre amicale est trop important", explique Marc Zwartsenburg, analyste chez ING.

Adecco ne cesse de répéter qu'il privilégie une offre amicale mais ajoute que toutes les options restent envisagées.

Selon des analystes, Michael Page est bien placé pour préserver son indépendance et sa direction s'est assuré le soutien de son actionnaire principal, l'assureur vie Standard Life, pour lequel le prix de 400 pence proposé par Adecco reste trop faible.

"Je ne pense pas que Michael Page ait besoin d'Adecco. Il dispose de la taille critique, c'est une entreprise très importante", souligne Robert Morton, chez Investec.

D'autres possibilités de rachat s'ouvrent à Adecco en Grande-Bretagne et ailleurs en Europe si l'opération Michael Page devait échouer.

"Si Adecco doit relever son prix au-delà de celui de 400 pence qui a été rejeté, il vaut peut-être mieux qu'il arrête tout, il y a beaucoup d'autres options", rappelle Teun Teeuwisse, analyste chez Fortis.

Parmi les futures cibles possibles figurent le britannique Hays, qui affiche une capitalisation boursière de 1,6 milliard d'euros environ, mais aussi des entreprises de taille plus modeste comme SThree et Robert Walters.

ADECCO PEUT ATTENDRE

"Hays conviendrait bien mieux que Michael Page, ayant beaucoup plus en commun avec les activités d'Adecco, ce qui pourrait offrir plus de synergies", analyse Teeuwisse.

Aux Pays-Bas, Brunel et USG People seraient aussi des partenaires logiques pour Adecco.

"Brunel et USG sont présents dans des pays où Adecco est déjà implanté, offrant la possibilité de fusionner des bureaux et les bases de clientèles", estime Frank Van Wijk chez SNS Securties.

Toutefois, Brunel et USG People restent partiellement aux mains de leurs fondateurs, ce qui obligerait Adecco à offrir une prime conséquente pour une offre amicale.

"Pour Brunel, je ne pense que le principal actionnaire vendra à moins de 30 euros", note Teeuwisse. Le titre Brunel se traite autour de 13,50 euros mercredi à la Bourse d'Amsterdam.

"Adecco peut facilement rester en position d'observation. Il n'y a pas d'urgence", conclut Scott Weldon.

Le secteur de l'intérim et du recrutement est engagé dans une vague de consolidation depuis l'acquisition des allemands DIS et Tuja par Adecco. Le néerlandais Randstad a récemment pris le contrôle de son compatriote Vedior pour 3,2 milliards d'euros.

Parallèlement, les titres des entreprises du secteur ont chuté depuis janvier, reflétant les inquiétudes liées à la morosité conjoncturelle et à ses conséquences sur les effectifs des entreprises.

"Les multiples se sont considérablement tassés", explique Scott Weldon, analyste chez Vontobel. "Il vaut mieux acheter quand les prix sont bas et la croissance en berne, avec la perspective d'un rebond sur le long terme."

Adecco s'échange à 9,5 fois les revenus attendus pour 2009 contre huit fois pour Hays et 11,4 fois pour Michael Page.

Copyright (C) 2007-2008 Reuters

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