Plus : France Télécom doit relever son offre sur TeliaSonera |
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L'offre de France Télécom sur TeliaSonera constitue un bon exemple sur la pire façon de monter une acquisition.
Dans sa tentative de rachat de son concurrent, l'opérateur historique de télécommunications a multiplié les faux pas. Dernière illustration en date, France Télécom a considéré avoir amélioré son offre en proposant de maintenir la cotation de TeliaSonera à Stockholm, alors que les actionnaires de l'opérateur suédois attendaient plutôt un relèvement de l'offre.
L'ironie de l'histoire est que l'offre de France Télécom, faite de titres et de cash, a vu son montant diminuer à mesure de la baisse du cours de Bourse de l'opérateur. Le cours du français a reculé de plus de 7% depuis que le projet a été rendu public début juin.
A l'époque, l'offre était d'environ 62 couronnes suédoises par action TeliaSonera. C'est du moins ce que le français a tenté de faire ressortir. Mais ce montant ne trompait personne, car il prenait en compte une valeur de 24 euros par action France Télécom pour la composante en actions de l'offre, bien au-dessus du cours de 19 euros, qui valorisait en réalité TeliaSonera à seulement 56 couronnes par action. Désormais, l'offre est inférieure au cours moyen des 200 derniers jours de cotation de TeliaSonera, à 55 couronnes suédoises.
France Télécom n'a guère été aidé par son incapacité à rassurer ses actionnaires sur l'intérêt d'un rapprochement avec l'opérateur suédois. Utiliser des arguments comme "la disparition des frontières dans la chaîne de la valeur ajoutée" n'a pas suffi à démontrer l'intérêt d'un tel changement de périmètre.
Le français aurait pu tirer une leçon de la façon dont Deutsche Telekom a pris le contrôle de la compagnie grecque OTE. Bien que de taille plus limitée, il s'agissait là aussi d'un acteur allemand négociant avec des investisseurs privés et publics.
Maintenant, France Télécom va devoir relever son offre s'il veut avoir une chance de mettre la main sur TeliaSonera, ce qui risque d'inquiéter ses actionnaires, déjà hostiles à l'offre de départ.
Le groupe de télécommunications s'est engagé à ne pas modifier la partie en titres de son offre, ce qui signifie plus de cash, donc plus de dette.
Si France Télécom offrait 67 couronnes suédoises aux actionnaires de TeliaSonera, la partie en cash augmenterait de 6 milliards d'euros à environ 22 milliards d'euros.
Le ratio combiné dette nette sur excédent brut d'exploitation dépasserait 3, rompant avec la limite de 2 que s'est fixée le groupe.
Il aurait été dans l'intérêt de France Télécom de réaliser cette acquisition rapidement, laissant peu de temps à son cours de Bourse, et donc à la valeur de son offre, de s'éroder. Le groupe n'a pas pris le temps de parler à sa contrepartie, avant que l'offre ne soit divulguée. Le rejet public de la part de TeliaSonera n'a fait que rallonger le processus, laissant la valeur de son offre s'effriter.
Il faut reconnaître que cette opération transfrontalière ne s'annonçait pas comme une partie facile, l'opération impliquant les gouvernements français, suédois et finlandais.
Cette difficulté imposait justement à France Télécom d'éviter le moindre faux pas. Et aujourd'hui, elle rend encore plus incertaine le succès de l'opération.
-Sean Walters, Dow Jones Newswires
(END) Dow Jones Newswires
June 23, 2008 06:56 ET (10:56 GMT)
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