PARIS (Dow Jones)--European Aeronautic Defence & Space Co. NV (5730.FR) a renoué avec les bénéfices au premier trimestre grâce à l'absence de charges de restructuration majeures et à l'augmentation des livraisons de sa filiale Airbus, a annoncé mercredi le groupe d'aéronautique et de défense.
EADS a réaffirmé ses prévisions de bénéfices pour 2008, en prévenant cependant que les résultats du reste de l'exercice pourrait être affecté par la faiblesse du taux de change du dollar face à l'euro.
Le résultat net au premier trimestre est ressorti à 285 millions d'euros, contre une perte de 10 millions d'euros au premier trimestre 2007. Le résultat du premier trimestre 2007 avait été pénalisé par une provision de 688 millions d'euros au sein d'Airbus dans le cadre du plan de restructuration Power8.
Le bénéfice net au premier trimestre 2008 est ressorti au-dessus des attentes du marché, situées à 180 millions d'euros, selon le consensus établi par Dow Jones Newswires.
Le résultat opérationnel a été plus que multiplié par huit, à 769 millions d'euros, contre 88 millions d'euros un an plus tôt.
En termes de perspectives, EADS a confirmé ses prévisions 2008, basées sur un taux de change de un euro pour 1,45 dollar, soit plus de 700 commandes d'Airbus, un chiffre d'affaires supérieur à 40 milliards d'euros en 2008 et 470 avions livrés au cours de l'exercice.
EADS a également maintenu sa prévision de résultat d'exploitation de 1,8 milliard d'euros.
"Concernant la prévision (de résultat opérationnel) pour 2008 et les perspectives à moyen terme, l'impact financier éventuel du nouveau calendrier de livraisons de l'A380 n'a pas été évalué à ce stade", a toutefois souligné le groupe.
Les analystes ont été impressionnés par la génération de trésorerie au cours du trimestre, les flux de trésorerie disponible augmentant à 1,1 milliard d'euros. Le groupe a une position nette de trésorerie de 8,33 milliards d'euros à l'issue du trimestre écoulé.
"EADS a enregistré des chiffres solides au premier trimestre, aussi bien en termes de résultat d'exploitation que de flux de trésorerie", a estimé ABN Amro, soulignant l'absence de charges exceptionnelles, "ce qui ne sera probablement pas le cas lors des prochaines trimestres". "Pour une fois, il n'y a pas eu de couacs importants au sein des résultats", estime-t-il cependant, ajoutant que la prévision de résultat d'exploitation pour 2008 du groupe a toujours été considérée comme "faible".
A 11h00, le titre EADS bondissait de 5.6% à 16,60 euros Au cours du premier trimestre, Le résultat opérationnel d'Airbus a atteint 628 millions d'euros, contre une perte opérationnelle de 69 millions d'euros un an plus tôt. Airbus a livré 123 appareils contre 115 sur les trois premiers mois de 2007. Le groupe a reçu 395 commandes nettes durant la période.
Le bénéfice opérationnel d'Eurocopter a avancé de 12%, à 37 millions d'euros, celui d'Astrium de 230%, à 33 millions d'euros. Les activités d'avions de transport militaire ont enregistré une perte opérationnelle de 1 million d'euros au premier trimestre, contre une perte de 13 millions un an plus tôt, tandis que les activités de Défense et Sécurité ont dégagé un bénéfice opérationnel de 33 millions d'euros, contre une perte de 5 millions un an plus tôt.
Comparé au premier trimestre 2007, la baisse du dollar a affecté le résultat d'exploitation à hauteur de 360 millions de dollars.
Dans un entretien à RTL, le président du groupe, Louis Gallois, a indiqué que le plan de restructuration Power 8 avançait et que les cessions des sites de Filton au Royaume-Uni et de Laupheim en Allemagne seraient bouclées dans les prochaines semaines.
Selon Louis Gallois, Airbus prévoit toujours de vendre d'autres sites en France et en Allemagne, mais en attendant, ces derniers seront logés dans des filiales distinctes, détenues intégralement par EADS.
Louis Gallois a également réaffirmé que des mesures supplémentaires de réduction des coûts seraient nécessaires dans les années qui viennent pour maintenir la compétitivité du groupe face au débouclage progressif des instruments de couverture qui ont permis jusqu'à présent de limiter l'impact de la baisse du dollar sur le groupe.
D'autres solutions sont à l'étude, a-t-il ajouté, comme le transfert de la production dans des pays hors de la zone euro ou l'augmentation de la part des achats du groupe auprès de ces pays.
David Pearson, Dow Jones Newswires
(END) Dow Jones Newswires
May 14, 2008 06:06 ET (10:06 GMT)
Copyright (C) 2007-2008 DowJones.com |